Les grandes questions et les débats du jour à la radio : " De quoi se mêle le Pape ? ", " Comment se permet-il de juger quelqu'un ? ". Ces débats se fondent sur cette observation : le Pape a dit que Trump n'est pas chrétien car il veut construire des murs contre les migrants.
Or, voici le texte exact de l'intervention du Pape : " Une personne qui veut construire des murs et encore des murs et non des ponts n'est pas chrétienne. Voter, ne pas voter, je ne m'immisce pas, je dis seulement que ce n'est pas chrétien ".
Pour qui connaît la pensée de l'Eglise, il n'y a pas de doute : le Pape a dit que construire des murs, ce n'est pas chrétien. C'est à dire que c'est l'acte de construire des murs qui n'est pas chrétien, mais pas la personne.
Pourtant, le Pape a bien dit qu'une telle personne n'est pas chrétienne ! Alors ?
Alors, il faut comprendre qu'à l'oral on ne maîtrise pas totalement ce que l'on dit, alors qu'à l'écrit on peut maîtriser et revenir sur un premier jet que l'on veut corriger. Ici, la première phrase du Pape correspond à un jugement, mais la deuxième reprend l'idée en la corrigeant : " ce n'est pas chrétien ", c'est à dire "faire tel acte n'est pas chrétien ". Le Pape n'a pas voulu dire que Trump n'est pas chrétien, il s'est rendu compte que sa première formulation n'était pas la bonne, il l'a donc rectifiée dans la deuxième phrase !
En effet, chacun de ceux qui se disent chrétiens (dont moi) est amené à faire des actes qui ne sont pas chrétiens : dire du mal des autres, voler, mentir, ... Ces actes ne nous empêchent pas d'être chrétiens ! En fait, nous disant chrétiens, nous voulons suivre le Christ (donc ne faire que des actes bons), mais nous avons la forte conscience que nous n'y arrivons pas pour chacun de nos actes.
Cet exemple montre combien les journalistes ont la tendance de rapporter ce qu'ils entendent ou voient de manière à faire le " buzz " :
- je n'en ai entendu aucun parler de la deuxième phrase, elle est pourtant fondamentale ;
- certains ont dit avec mépris que distinguer les actes des personnes est jésuite, mais c'est faire preuve d'une déficience intellectuelle que de ne pas savoir faire cette différence.
La radio est puissante car elle donne une audience immense à telle ou telle personne qui s'y exprime. C'est une puissance à dompter !
vendredi 19 février 2016
samedi 2 janvier 2016
Dieu existe, simple démonstration scientifique
Selon « Catholix // reloaded », de Frédéric
Guillot (éditions du Cerf).
Ce livre m’a passionné et je compte en présenter quelques
aspects dans mon blog, par articles successifs !
1 – Tout n’a pas
une cause
Si tous les êtres avaient une cause, ils seraient tous dépendants.
Tous tiendraient leur existence d’un autre être, qui lui-même la tiendrait d’un
autre, et ainsi de suite indéfiniment. Mais dans ces conditions, il est aisé de
voir qu’aucun être n’aurait jamais existé.
C’est donc l’inverse qui est vrai : il existe au moins
un être qui n’a pas de cause. Pour que l’existence puisse être transmise, il
faut d’abord qu’un être la possède réellement, sans l’avoir lui-même reçue.
2 – Le temps dans
lequel nous vivons a commencé un jour.
Peut-on envisager qu’il n’y a pas eu de commencement du temps ?
Si le temps avant nous, aujourd’hui, était infini, alors ce
temps ne serait jamais arrivé à nous.
Prenons l’exemple opposé, celui d’une ligne droite dont on
connaît le début et qui va jusqu’à l’infini : on sait que l’on ne pourra
jamais arriver au bout de cette droite, car aussi loin que l’on aille on pourra
encore ajouter une autre longueur qui ira encore plus loin, et cela de manière incessante
(on n’a jamais fini d’arriver à l’infini !).
Il en est de même en sens inverse. Du fait même que nous
existions aujourd’hui et que nous soyons présents dans notre espace – temps,
cela veut dire que le temps ne provient pas de l’infini, sinon il ne serait
jamais arrivé à nous.
Donc le temps dans lequel nous vivons a eu un commencement :
il s’agit d’un commencement radical, c'est-à-dire d’un commencement sans cause
temporelle qui le précède.
3 – Des choses
nécessaires et des choses contingentes.
Les choses nécessaires ne peuvent pas ne pas être, il est même
impossible de concevoir qu’elles soient de manière différente. C’est le cas de
1 + 1 = 2. Il est inconcevable que 1 + 1 ne fasse pas 2.
Les choses contingentes auraient pu ne pas être : « je
suis barbu », mais j’aurais pu me raser et ne pas l’être. Le chêne, devant
moi, aurait pu ne pas être : il a fallu un gland qui tombe à cet endroit, de
la terre favorable, un climat adéquat.
Les faits nécessaires n’ont pas d’explication extérieure
à eux-mêmes, ils n’en ont pas besoin. Les faits mathématiques et les faits
logiques sont nécessaires : on ne voit pas comment ils auraient pu être
autrement.
Les choses contingentes ont toujours une explication extérieure à elles-mêmes (voir la barbe
et le chêne).
L’univers lui-même est contingent : il aurait pu être
différent. Nous savons, en effet, qu’une vingtaine de constantes universelles –
telle la constante de Planck, la charge d’un électron, … - en ont défini le
développement précis et si l’une de ces constantes avait été, ne serait-ce que
très peu, différente, l’univers n’aurait pu se développer comme il l’a fait et
comme il continue à se développer.
Si l’on considère les choses contingentes, elles sont toutes
causées par une autre chose contingente. En remontant au début du temps, la
première chose contingente doit avoir reçu son existence d’une chose qui ne l’est
pas (sinon, cela n’aurait pas été le début du temps) : cette première
chose contingente ne peut avoir qu’une explication extérieure. Extérieure à
notre espace – temps, sinon cette chose extérieure aurait reçu le temps avant
le commencement du temps (ce qui est contradictoire), et elle aurait reçu la
matière … qui en ferait une chose de notre univers (ce qui est également
contradictoire).
Cette dernière constatation démontre que la cause de toute
réalité matérielle ne peut être matérielle.
Conclusion : notre univers spatio-temporel a
nécessairement été créé et n’a pu l’être que par un être hors du temps et hors
de l’espace, sinon il aurait été contingent et ne pourrait être la cause de l’univers
Or, nous connaissons trois sortes d’êtres : les choses
physiques, les abstractions et les esprits.
Cet être n’est pas physique (matériel), comme nous l’avons
vu.
Les idées n’ont pas de pouvoir causal.
Donc la première cause est un esprit. Nous pouvons l’appeler,
selon toutes les traditions culturelles, « Dieu ».
Mais quel Dieu ? A voir dans la suite de mon blog !
mardi 17 novembre 2015
Des kamikazes ? Comment cela peut-il se faire ? Que faire ?
La question que beaucoup se
posent à la suite des attentats du 13 novembre à Paris est la suivante :
comment peut-on perpétrer de telles actions si effroyables et si
barbares ?
La question que l’on se pose ensuite
est celle-ci : que faut-il faire ?
1 - Comment peut-on perpétrer de telles actions si
effroyables et si barbares ?
En tout jeune garçon se développe
une capacité de puissance physique qui va chercher à s’exprimer : c’est
inscrit dans sa nature, on peut dire que c’est une loi de la nature.
Adolescent et jeune homme, il
sentira monter en lui de nombreuses pulsions de combat pour mettre en jeu cette
puissance interne.
Le besoin de pouvoir et de
puissance n’est pas mauvais en soi. Face aux difficultés de la vie, il faut, en
effet, pouvoir avoir l’énergie de surmonter les épreuves et les dangers, qu’ils
soient physiques ou moraux. Le désir de pouvoir devient mauvais quand il
conduit à opprimer ou détruire.
Chez certains, ce désir de
puissance restera sous un seuil acceptable pour la société et pour leur
environnement : ils ont, en effet, une nature plutôt tranquille ou bien
contrôlée. Alors que d’autres ont une nature plus bouillonnante : chez eux
le désir de puissance et d’expression physique se montre plus nettement et
assez tôt.
L’éducation familiale et la
culture ont pour mission de permettre au jeune homme d’orienter positivement ce
désir de puissance. On observe, en effet, qu’une personne qui a peu de
capacités à s’exprimer oralement aura la tentation de s’exprimer physiquement.
On peut donc dire que les jeunes
gens qui basculent dans la violence ont probablement un défaut d’éducation et
de culture. Mais cela ne remet pas systématiquement en cause l’éducation de
leurs parents, car les adolescents sont très perméables à tout ce qui vient de
l’extérieur de leurs familles : les camarades, leur bande de copains, les
jeux vidéos, les chansons, les médias, … Ils peuvent être, également, très
attirés par des jeunes un peu plus âgés, des « grands frères » de
mauvais aloi, qui peuvent les conduire sur des voies de violence sous couvert
de lutte contre la pauvreté, l’injustice, le chômage, …
Voilà pourquoi plusieurs
basculent vers des mouvements extrêmes, tels les mouvements terroristes qui
vont leur permettre d’utiliser des armes à feu (le comble de la violence et de
la puissance), d’exprimer toute la violence qui sourd en eux et de se battre
pour une idéologie simpliste mais efficace : l’embrigadement revient à démultiplier
ce sentiment de puissance au sein de bandes ou de mouvements organisés.
L’enrôlement dans des mouvements puissants déchaîne alors des pulsions
d’horreur inouïes et terrifiantes.
Lorsque j’étais jeune, la société
était moins policée qu’aujourd’hui : un jeune homme, pour devenir un homme,
se devait de fumer, boire et « baiser », mais aussi de manifester ses
désaccords à mains nues. Beaucoup de problèmes se résolvaient dans des bagarres
où chacun pouvait montrer sa virilité.
Mais l’on voit que notre société
d’aujourd’hui, qui nous paraît plus policée, n’arrive pas à éradiquer la
tentation de violence. Il faut d’ailleurs être conscient qu’elle n’y arrivera
jamais car, à la base de ces mauvais comportements, il y a la capacité de tout
homme à faire le bien mais aussi le mal : c’est inscrit en chacun de nous.
Nous aurons donc toujours à lutter pour ne pas être des barbares et pour que
nos enfants, au sens large de la société, ne deviennent pas des barbares. Le
combat ne sera jamais vraiment gagné.
2 - Que faut-il faire ?
2.1 - Tout d’abord, être un
homme de paix.
Cela peut paraître dérisoire au
regard des enjeux internationaux, mais l’on sait que les petites rivières font
de grands fleuves. Si je suis un homme de paix, même sans discours ou morale
explicite, je serai une invitation à l’établissement de relations plus
cordiales tout autour de moi. Savoir ne pas se mettre en colère pour un rien,
ne pas dire systématiquement du mal des autres, accepter que des avis
divergent, rester calme dans les conversations, ne pas s’irriter pour la moindre
gêne causée par ses proches ou ses voisins, savoir discerner ce qui est bon
chez l’autre, …
La paix n’est pas la résultante
de textes, d’accords ou de systèmes mais la somme de personnes oeuvrant
ensemble pour vivre en paix.
Or, les conflits naissent tout au
long de notre vie avec ceux qui nous sont proches. C’est déjà là que se situe
la première lutte pour la paix dans le monde. Avant même de parler d’Al Qaïda
ou de Daesh, regardons les actualités de notre société, faites de meurtres, de saccages,
de passages à tabac, de justice personnelle. Chaque fois qu’une personne agit dans un
esprit de paix, elle a un impact positif
sur son entourage, elle peut devenir exemple pour ceux qui la côtoient, elle
limite la violence localement.
2.2 - Est-ce à dire qu’il faut
être un pacifiste ?
Etre pacifiste est généreux et
très respectable. Un vrai pacifiste est un homme de caractère, capable
d’endurer de grandes épreuves sans entrer lui-même dans la lutte : Ghandi
en est un exemple idéal. Mais le pacifiste doit être aussi réaliste car il
ne saurait dire « Tout le monde il est gentil ».
Les pacifistes reconnaissent
certainement combien il est important, lorsqu’il y a de graves incidents comme
aujourd’hui, que des personnes soient préparées à nous protéger et à lutter
contre les terroristes ou contre d’autres formes de forces armées.
Dans ce monde où les forces du
mal ne seront jamais éradiquées, il est nécessaire qu’un Etat ait des capacités
de défense armée (police, gendarmerie, armées) pour endiguer les actions visant
la sécurité de l’Etat et du peuple.
2.3 - Ensuite, éradiquer
Daesh.
Cette organisation s’est
puissamment installée en Irak et en Syrie, tout en essaimant ailleurs
(Cameroun, Afghanistan, …).
Son objectif est celui de
l’extension du califat, sans limite à cette extension. Ses méthodes son
guerrières et barbares, en cela qu’elle ne reconnaît pas les lois de la guerre.
Sa force militaire est grande, soutenue par des finances très bien
approvisionnées.
Avec ce genre d’organisation, il
n’est pas envisageable de traiter ou de négocier. La lutte jusqu’au bout est
donc une nécessité. Aujourd’hui deux coalitions luttent contre elle, mais avec
des divergences d’objectifs encore trop grandes pour qu’elles puissent se
renforcer mutuellement. Par ailleurs, tous les pays participant à ces deux
coalitions ont des objectifs particuliers qui s’opposent entre eux.
Les Américains ont pour but de
combattre Daesh : leurs alliés sont les
rebelles syriens, le PKK (Kurdes) et la Turquie, leurs
ennemis sont Daesh, le régime d’Assad et l’Iran.
Les Russes ont pour but de
maintenir le régime d’Assad : leurs alliés
sont le régime d’Assad, l’Iran et le PKK, leurs ennemis
sont les rebelles syriens, Daesh et la Turquie.
La Turquie a pour but d’empêcher
l’émergence d’un Kurdistan indépendant : leurs alliés
sont les rebelles syriens, leurs ennemis sont le
PKK, le régime d’Assad, Daesh, la Russie et l’Iran.
Heureusement, Daesh est l’ennemi
commun de tous !! C’est le plus petit commun dénominateur !
A l’heure où j’écris ce texte, le
Président de la République française vient de décider d’agir en concertation
avec la Russie : voilà un grand pas fait dans le bon sens.
Quoiqu’il en soit, pour éradiquer
Daesh et les mouvements terroristes au Sahel, il faut des forces armées
importantes et entraînées. La France est à la limite de ses engagements
possibles avec ses moyens actuels, ce qui est bien trop peu.
2.4 - Donc, « Si vis
pacem, para bellum ».
Lors de la chute du mur de Berlin
(1989), puis de celle de l’union soviétique (1991), beaucoup ont voulu
engranger les dividendes de la paix, c'est-à-dire diminuer de manière drastique
les forces armées. Cela paraissait raisonnable, mais cela aussi manquait de
raison : le monde est resté dangereux. Certes, nous avons pu croire que
l’Europe était dorénavant à l’abri des conflits. Mais, c’est avoir une lecture
de l’histoire très étroite : les périodes de paix n’ont jamais duré des
siècles, quelque soit le moment de l’histoire ou le lieu.
Certains semblent donc avoir eu
pour devise : « Si vis pacem, vivi in Europam » (si tu veux la
paix, vis en Europe). Ils ont oublié la sagesse latine et sa devise pourtant si
connue : « Si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix,
prépare la guerre).
Il est clair que le monde reste
dangereux, que les formes de danger évolueront (aujourd’hui c’est, pour une
bonne partie, Daesh) et donc qu’ils nous faudra toujours être capables de nous
protéger et d’intervenir hors de nos frontières. En effet, il ne s’agit pas
d’avoir seulement une posture défensive, car l’adversaire, quelqu’il soit, aura
toujours l’avantage de porter son action là où il le jugera le plus favorable
pour lui : aucun dispositif défensif ne peut être étanche. Il ne s’agit
pas non plus d’être interventionniste, c'est-à-dire avec exagération, mais d’être
capable d’aller là où le danger se manifeste pour le contrer au mieux et au
plus tôt.
Or, aujourd’hui, les efforts de
défense des pays de l’Union européenne sont bien trop faibles, y compris celui
de la France qui est pourtant l’un des plus élevés. En 2014, il a été pris la
décision de porter les dépenses de défense à 2% du PIB de chaque Etat de l’OTAN :
dans l’Union européenne, seule la Grande-Bretagne est à ce niveau (2,5%). La
France, qui vient juste après, n’est qu’à 1,5%, beaucoup d’Etats étant à peine
à 1%.
Pour se rendre compte de la
faiblesse des effectifs militaires en France, il suffit de savoir qu’il y a
plus de personnel à la SNCF que de militaires de l’armée de Terre, et que l’ensemble
des effectifs de l’armée de Terre pourrait tenir dans 1,5 fois le stade de
France !! Est-ce vraiment sérieux ?
2.5 - Réviser certaines de nos alliances
Daesh continue à être un ennemi fort car il est soutenu, tout particulièrement financièrement, par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Or, ces trois pays sont des " alliés " des Etats-Unis et de la France !
Il importe donc de revoir nos relations avec ces trois pays, quelles qu'en soient les conséquences financières (contrats d'armement par exemple).
Il est temps de revoir nos relations avec les Etats-Unis : il nous appartient de déterminer notre politique par nous-mêmes et non de nous aligner trop systématiquement sur celles des Etats-Unis.
Enfin, il faut savoir faire preuve de plus de réalisme vis à vis de la Syrie : Daesh est vraiment notre ennemi et non Bachar El Assad ! Ce qui devrait nous faire revoir nos alliances avec la Russie et avec l'Iran.
2.5 - Réviser certaines de nos alliances
Daesh continue à être un ennemi fort car il est soutenu, tout particulièrement financièrement, par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Or, ces trois pays sont des " alliés " des Etats-Unis et de la France !
Il importe donc de revoir nos relations avec ces trois pays, quelles qu'en soient les conséquences financières (contrats d'armement par exemple).
Il est temps de revoir nos relations avec les Etats-Unis : il nous appartient de déterminer notre politique par nous-mêmes et non de nous aligner trop systématiquement sur celles des Etats-Unis.
Enfin, il faut savoir faire preuve de plus de réalisme vis à vis de la Syrie : Daesh est vraiment notre ennemi et non Bachar El Assad ! Ce qui devrait nous faire revoir nos alliances avec la Russie et avec l'Iran.
dimanche 1 novembre 2015
Premier ministre, tweeter et boule de billard
De l’homme politique, on
attend une vision élevée, du recul face aux événements, une projection à moyen
ou à long terme.
Mais on sait aussi que l’homme
politique, en charge du gouvernement de la France, doit agir en fonction de
l’actualité quand celle-ci impacte directement l’action du gouvernement. Cette
action doit s’appuyer sur sa vision à long terme, afin qu’elle ne soit pas
brouillonne, voire incohérente par manque de préparation.
A l’occasion de la découverte
des hausses très fortes des taxes locales, le premier ministre vient de s’exprimer
en reconnaissant que les hausses d’impôts, depuis plusieurs années, ont été
excessives.
Il a donc fallu une goutte d’eau
(les taxes d’habitation et foncières de 2015) pour reconnaître un océan
d’augmentation d’impôts. Cela marque un manque de vision et de
projection : ce constat aurait dû être fait plus tôt, le gouvernement ayant
tous les moyens pour cela !
Une chose qui me dérange beaucoup
dans cette histoire est que le Premier ministre se soit expliqué (également)
par Tweeter : « Fiscalité
locale des retraités : notre engagement est simple, neutraliser l’impact
d’une situation aussi brutale qu’injuste. MV ».
Ce mode de communication ne me paraît pas digne d’une action gouvernementale : il n’est pas possible de traiter
un pareil problème en 140 caractères ! On sent, derrière, l'urgence d'une intervention, la nécessité de se démarquer d'un problème social, l'impression de devoir éteindre un feu.
Je pense à l’encyclique du pape
François qui parle du « drame de l’immédiateté politique ». L’homme
politique réagissant instantanément à toute situation agit comme une boule
de billard qui se déplace en fonction des impacts qu’elle subit : sa
trajectoire est désordonnée, inintelligible et sans projet établi.
On peut comprendre l'usage de Tweeter pour aller vite et toucher du monde. Mais, c'est prendre, pour un politique, le risque de montrer que l'on s'est laissé surprendre : " Je n'ai pas vu venir cette question, me voilà, j'arrive ! ".
On peut comprendre également l'usage de ce réseau, car ce moyen de communication est censé donner une image moderne. Mais, attend-on de nos hommes politiques qu’ils agissent en vue de se donner une
image ?
On les attend sur le domaine de l’efficacité en vue du bien
commun.
mercredi 30 septembre 2015
Mars, l’eau, la vie ?
Cette insistance, de la part de
très grands scientifiques, est vraiment étrange !
Car on sait depuis longtemps
qu’il y a, à la base, cinq conditions nécessaires pour que la vie
apparaisse : des conditions de température, de pression, de présence d’eau liquide, d’oxygène et de lumière.
Or, une
seule condition apparaît et l’on déclare que la vie sur Mars est très
probable !! Cela est bien insuffisant.
Depuis
des mois, je n’ai entendu qu’une fois un scientifique dire que la présence
d’eau n’est pas suffisante et qu’il y faut cinq conditions d’environnement
particulières !
Mais, cela n’est pas tout. En effet, depuis Pasteur en
1961, nous savons qu’il n’y a pas de « génération spontanée »,
c'est-à-dire que la vie ne peut naître directement de la matière. Constatez-le
autour de vous, quasiment personne ne vous croira si vous affirmez cela.
J’analyse cela comme une suite logique de la certitude que Darwin avait raison,
lui qui écrivait en 1971 : "La vie est apparue dans un petit
étang chaud, dans lequel il y avait un riche bouillon de produits chimiques
organiques, à partir desquels s'est formé le premier organisme primitif à la
suite d'une longue période d'incubation durant les temps géologiques".
Mais nous savons que c’est que ces 5 conditions dites
« nécessaires » ne sont pas du tout « suffisantes ».
Il faut d’abord que soit inventé et mis en place un langage avec son alphabet et son vocabulaire : c’est le langage du message génétique
Mais il faut également un
second langage, celui des protéines. Son
alphabet est différent, il est composé de 20 lettres : 20 sortes
d’acides aminés qui jouent le rôle de lettres et qui, selon les instructions du
message génétique, vont fabriquer (synthétiser) les protéines dont j’ai besoin
pour vivre, car mes cellules meurent sans cesse ! Il faut les remplacer.
Si nous trouvons sur Terre ou sur Mars ces deux langages
avec chacun son alphabet, ET les 5 conditions, on peut penser que la vie va
pouvoir commencer spontanément ? Cependant, ces deux langages ne se
comprennent pas : il leur faut un
traducteur ou un dictionnaire entre les deux langages. Alors seulement vous pourrez constater un commencement de
la vie. Justement, le prix Nobel de Chimie a été décerné en octobre 2009, à
trois chercheurs, pour avoir travaillé sur ce sujet dont l’intitulé est
vérifiable sur internet : « Comment fonctionne le traducteur entre les
deux langages, celui de l’AD N et celui des protéines ? ».
Or, la matière, par elle-même, ne peut créer des langages
qui nécessitent une intelligence particulière et qui ne peuvent être le fruit
du hasard. Sans parler d’un Dieu créateur[1],
il faut au moins « une intention » pour créer un langage : la matière
n’a pas cette capacité. Il faudra donc découvrir ce qu’est cette
intention ![2]
Alors, pourquoi cette persistance
à évoquer avec tant de force la perspective de vie sur Mars ?
dimanche 9 août 2015
Le pape, combien de divisions ? Mais non, combien de réconciliations !
Le Vatican a la représentation
diplomatique la plus importante du monde, par des relations bilatérales avec
180 Etats. Seuls 15 Etats n’ont pas de relations diplomatiques avec le
Vatican : Afghanistan, Arabie saoudite, Bhoutan, Brunei, Chine, Comores,
Corée du Nord, Laos, Maldives, Mauritanie, Myanmar (Birmanie), Oman, Somalie,
Tuvalu et Vietnam.
On peut se demander si, en dehors
des affaires religieuses, cette puissance diplomatique a des impacts sur les
affaires du monde. La réponse est positive, d’autant plus qu’elle a eu
récemment des succès dans des situations internationales bloquées depuis des
décennies ou, plus impressionnant encore, dans la chute de l’empire soviétique.
Le pape François et la guerilla des FARC
(août 2015)
La guerilla des Farc a exprimé,
le 2 août 2015, le « souhait » de rencontrer le pape François lors de sa visite
prévue en septembre à Cuba, où des représentants de cette guérilla marxiste mènent
des pourparlers de paix avec le gouvernement colombien depuis 2012. « Nous
aimerions le faire, ce serait extraordinaire », s'est enthousiasmé le numéro 2
de la guérilla, Ivan Marquez, devant la presse à La Havane. « Nous pouvons
imaginer l'impact qu'aurait un appui
du pape François à l'effort collectif que fournissent tous les
Colombiens pour enfin parvenir à une réconciliation après des décennies de
confrontation », a-t-il ajouté.
Lors d'une tournée en Amérique du
Sud plus tôt en juillet, le souverain pontife avait exprimé le voeu que le
processus actuellement en cours « ne s'arrête pas », à un moment où les
négociations traversaient une phase délicate après la reprise des actes de
violences en avril. « Nous sommes toujours disposés à apporter notre aide,
de quelque manière que ce soit. Il serait dommage que le processus de paix n'avance
pas », avait-il déclaré.
Les Farc ont déclaré le 20
juillet un cessez-le-feu unilatéral, auquel le gouvernement a répondu en
suspendant les bombardements des camps de la guérilla.
Le conflit armé en Colombie a
fait officiellement en un demi-siècle quelque 220 000 morts et provoqué le
déplacement de six millions de personnes.
Le pape François, la Bolivie et le Chili (juillet 2015)
Depuis
1978, en raison d’un différend frontalier concernant un accès à la mer, les
relations diplomatiques de la Bolivie avec le Chili sont suspendues. Or,
en juillet de cette année, le Chili et la Bolivie se sont dits prêts à
accepter le rétablissement de leurs relations. Le
président bolivien, Evo Morales, a alors proposé à la présidente chilienne
Michelle Bachelet de l’accompagner au Vatican, pour mettre en place la médiation du pape.
Pendant son voyage en Bolivie, du 8 au 10 juillet, le
pape François avait abordé ce thème « de l’accès à la mer »,
en soulignant que le « dialogue
est aujourd’hui indispensable ». Cette déclaration avait pris de
court le gouvernement chilien qui comptait sur la neutralité du Saint-Siège en
la matière.
Le
président bolivien Evo Morales a déclaré : « Nous sommes
d’accord pour rétablir les relations diplomatiques avec le Chili, pour qu’en
moins de cinq ans nous résolvions le problème d’accès à la mer pour la Bolivie,
une sortie souveraine sur l’océan Pacifique, avec un garant, le pape François ».
Le pape saint Jean-Paul II
(à partir de 1996), le pape François et Cuba (mai 2015)
Le dimanche 10 mai 2015, le président cubain Raul Castro
se trouvait au Vatican pour y rencontrer le pape François et le remercier de ses bons offices,
qui ont permis le rapprochement historique en cours entre Cuba et les
États-Unis.
Le Vatican et le pape François ont effet joué un rôle
important dans le rétablissement des relations diplomatiques entre La Havane et
Washington en décembre 2014, après plus de cinquante ans de tensions.
Le Vatican avait révélé une médiation personnelle du
souverain pontife, qui avait écrit aux deux chefs d'État. Les délégations des
deux pays avaient également été reçues au Saint-Siège en octobre. Déjà, en
1998, Jorge Bergoglio s’était intéressé personnellement à la question cubaine,
écrivant un essai intitulé "Dialogue entre Jean Paul II et Fidel Castro".
Il était alors cardinal de Buenos Aires.
Après cette rencontre, Raul Castro s'est déclaré « très
frappé », saluant « la modestie et la sagesse » du Pape et
assurant qu'il « se rendrait à toutes ses messes quand il visiterait
Cuba ». « Je lis tous les discours du Saint-Père et [....] si le pape
continue à parler ainsi, un jour je recommencerai à prier et retournerai à
l'Église catholique. Et je ne le dis pas pour plaisanter ».
En 1996, Fidel Castro s’était rendu au Vatican pour
rencontrer Jean Paul II. Un rapprochement est amorcé et l'Église commence à
s'imposer comme interlocuteur du régime communiste à partir de la visite de
Jean-Paul II en janvier 1998.
La médiation entre Cuba et l'administration américaine a
été un grand succès pour la diplomatie discrète du Saint-Siège. Elle a eu un
fort impact sur le continent latino-américain,
Le pape saint Jean-Paul II
et la chute de l’URSS
Une grande partie de la vie de
celui qui a été le premier pape polonais s’est déroulée sous le joug ou face à
la puissance communiste de l’URSS. A la fois combatif et plein d’amour, le
futur Jean-Paul II gagne plusieurs batailles face au pouvoir, tout en gagnant
aussi l’estime de plusieurs de ses adversaires. Sa règle d’or restera
toujours la suivante : il veille à ne jamais humilier ses adversaires du
système communiste, en leur laissant toujours la possibilité d’une issue
honorable en cas de conflit. Et c’est là qu’intervient la logique efficace du
pardon et de la réconciliation, si efficace pour éviter le piège de la haine
vindicative.
Devenu archevêque de Cracovie, en
union étroite avec la population catholique, il obtient à l’arraché la
construction de la grande église de Nova Huta, dans la banlieue ouvrière de
Cracovie, que les dirigeants marxistes avaient conçu et prévu comme une cité
sans Dieu. Il y a fallu un long bras de fer de plusieurs années, mais sans
aucune violence. C’est un combat spirituel.
En 1976, le futur Pape apporte
son soutien personnel à la création du KOR, le Comité de défense des ouvriers
lancé par des précurseurs laïcs du futur syndicat « Solidarité »,
alors jetés en prison, Adam Michnik et Jacek Kuron, anciens communistes en
rupture avec le régime. Il va ainsi sceller une alliance libératrice entre
l’Église de Pologne et des intellectuels laïcs issus du marxisme.
Vis-à-vis
du Bloc de l’Est, Jean-Paul II a procédé le plus possible par une action
apostolique directe : une pastorale de la liberté religieuse et des droits
de l’homme qui en découlent nécessairement. Il a agi de plusieurs façons :
-
soit par un contact
direct avec les foules (comme dans sa Pologne natale en juin 1979 à Varsovie,
juin 1983 à Cracovie et juin 1987 à Gdansk) ou par le biais de nombreux peuples
occidentaux,
-
soit par
l’intermédiaire de Radio-Vatican (par exemple en direction de pèlerins tchèques
et slovaques rassemblés en 1984 au sanctuaire marial populaire de Levoca,
provoquant à la fois la fureur et la perplexité de la police communiste locale
qui perquisitionnera ensuite, cherchant en vain des cassettes d’enregistrement là
où il n’y avait qu’un poste de radio…),
-
soit au niveau des
épiscopats et clergés locaux des Églises de l’Est, sœurs de l’Église de Pologne
(par exemple en redonnant courage au vieux cardinal Frantisek Tomasek, ancien
prisonnier de conscience, à Prague dans les années 80 malgré des pressions
policières très dures…)
Saint
Jean-Paul II va globalement soutenir le clergé et les fidèles résistants contre
tel élément négatif d’une hiérarchie bâillonnée, comme dans la Hongrie
décapitée par la neutralisation puis la disparition de l’héroïque Cardinal
Mindszenty, arrêté, torturé et victime d’un procès stalinien dès 1949.
Saint Jean-Paul II soutient le mouvement Solidarnosc, dès ses
débuts, à mots à peine couverts. Face aux menaces d'intervention des forces du
pacte de Varsovie, il s'adresse à Leonid Brejnev pour défendre la souveraineté
de la Pologne. En janvier 1981, il reçoit chaleureusement Lech Walesa au
Vatican. La résistance du pays, encadrée par l'Église et soutenue par le pape,
ainsi que l'effondrement de l'économie polonaise ont ainsi fait échouer, pour
la première fois à l'Est, une entreprise de normalisation communiste. Le 1er
décembre 1989, celui qui est encore à la tête de l'URSS, Mikhaïl Gorbatchev,
est reçu au Vatican, et l'Union soviétique disparaît dans la tourmente de la
fin de l'année 1991.
Tout le monde connaît la fameuse interpellation de
Staline : « Le pape, combien de divisions ? ».
Staline avait « tout faux » ! La question à
poser est la suivante : « Le pape, combien de
réconciliations ! ».
Oui, la diplomatie du Vatican connaît des succès étonnants
car le pape est certainement la seule personnalité au monde qui fonde son
action sur une culture de paix et de rapprochement des peuples, et parce que
l’Eglise est « universelle », présente partout (parfois de manière
cachée comme en Chine) et oeuvrant pour le bien commun de l’humanité.
En effet, seule la recherche du bien commun peut satisfaire
les différents protagonistes sans conflit alors que, trop souvent, les chefs
d’Etat sont mus par des intérêts nationaux, personnels, ou autres. Or, on
le sait, tout intérêt en vient à un moment ou à un autre à s’opposer à d’autres
intérêts et donc est générateur de conflit.
vendredi 10 juillet 2015
A quand le redressement militaire de l’Union européenne ?
L’actualité brûlante tourne
autour de Daech. Mais cette organisation terroriste et barbare ne doit pas nous
faire perdre de vue d’autres sujets qui seront
certainement plus importants d’ici quelques années : le principal
d’entre eux, du point de vue de la nécessité des forces armées, est le réveil
de la Chine.
1/ Il y a de nombreuses raisons pour que Daech ne vainque pas et
n’arrive pas à son but
Au Proche-Orient, nous sommes
bien en guerre contre Daech. Les actualités et la manière dont les médias les
relatent laissent penser que Daech semble invincible.
Certes, les territoires conquis
par Daech sont vastes, ce qui impressionne beaucoup. Il faut, cependant, noter
que ce sont surtout des déserts et quelques villes. Les armées nationales n’y
étaient certainement pas très bien implantées, la valeur de ces territoires
n’étant que médiocre.
La stratégie de Daech est
intelligente : ils ont élaboré des méthodes évolutives en fonction des
terrains et des situations, ils savent faire preuve d’un grand pragmatisme et
de beaucoup d’audaces. Mais, les oppositions à Daech sont nombreuses :
régime de Bachar El Assad, coalition internationale, Kurdes, chiites d’Iran ou
du Hezbollah.
Certes, ces forces sont dispersées,
voire opposées les unes aux autres. Mais elles existent et ont des capacités
importantes.
Les médias parlent beaucoup de
l’inefficacité de la coalition internationale qui ne conduit que des
attaques aériennes. La limite de telles attaques est, en effet, bien
connue : il faut être sur le terrain pour s’opposer à un ennemi. Mais ces
attaques aériennes portent des coups de boutoir réels à Daech, désorganisent
par moment cette organisation et détruisent une partie de ses capacités
militaires.
Le temps qui passe permet aux
autres acteurs de s’organiser (telle la force militaire irakienne) et
d’apprendre à s’opposer à ce genre d’ennemi nouveau : les prises de
terrain par Daech ne sont pas irréversibles.
Ainsi, la coalition s’est déchaînée le samedi 4 juillet sur
la ville de Raqa, dont Daech a fait sa capitale en Syrie, effectuant 18
frappes. Le but de ces frappes était de limiter la liberté de mouvement du
groupe djihadiste en visant les corridors utilisés par Daech pour projeter ses
combattants et du matériel militaire. Ces frappes aériennes ont détruit des
infrastructures vitales contrôlées par Daech et d’importantes routes de transit
en Syrie, selon le communiqué de la « Combined Joint Task Force - opération
Inherent Resolve[1] »
(CJTF-OIR). En tout, 16 ponts ont été détruits.
Cette pression a amené jusqu’ici le groupe djihadiste à
céder plus de 5000 kilomètres carrés de territoire au cours des deux derniers
mois. Les frappes aériennes visent également les installations pétrolières et
gazières qui financent Daech.
Aujourd’hui, avec les Kurdes plus au nord qui ont repris
Tal Abyad en Syrie, les groupes rebelles rivaux, dont le Front Al-Nosra, qui
accumulent les succès et la coalition qui pilonne ses positions, le groupe armé
Daech ne paraît plus invincible, même si la lutte sera encore longue.
L’impression inverse que nos
sociétés en ont vient du fait que Daech sait alimenter magistralement les
médias modernes : son message vient amplifier son action, dans le sens qui
lui est favorable. Notre faiblesse est de nous laisser impressionner par
ces messages et d’en donner un retentissement planétaire.
2/ Les attentats, une marque de faiblesse et non de force
Daech multiplie les attentats
spectaculaires. Ces attentats ont une audience internationale très grande,
particulièrement en France. Pourtant, les attentats sont l’arme des
faibles : là où Daech commet des attentats, c’est qu’il ne peut porter de
véritables attaques guerrières.
Il faut comprendre la chose
suivante : nulle organisation défensive ne pourra s’opposer à toute
tentative d’attentat. Le terroriste qui veut commettre un attentat va toujours
choisir son lieu et son heure. Certes, certains attentats ont une valeur
émotionnelle particulière (attentats contre des journalistes, contre un
supermarché juif, contre des églises, …). Certes, il est évident que la
protection va se porter sur des lieux symboliques où des foules affluent :
la Tour Eiffel, les gares SNCF, les musées, des écoles, … Mais, n’importe quel
supermarché à 18h, dans n’importe quel village, pourrait être une cible intéressante
pour des terroristes et le retentissement d’un tel attentat devrait être tout
aussi grand.
Notre faiblesse est double. Celle
d’exiger qu’aucun attentat ne puisse être perpétré, alors que cela est impossible :
nous devons accepter l’éventualité d’autres attentats sur notre sol. Celle de
manifester bruyamment et médiatiquement notre « union sacrée »
lorsqu’un attentat a eu lieu : il me semble que ces manifestations
purement verbales et gestuelles doivent enchanter les terroristes qui y voient
certainement une faiblesse psychologique de notre nation.
Je pense toujours à cette très
belle déclaration de Winston Churchill : « J'aimerais dire à la Chambre, comme je l'ai dit à ceux
qui ont rejoint ce gouvernement : je n'ai à offrir que du sang, de la
peine, des larmes et de la sueur. Vous me demandez, quelle est notre
politique ? Je vous dirais : c'est faire la guerre sur mer, sur terre
et dans les airs, de toute notre puissance et de toutes les forces que Dieu pourra
nous donner. »
Lors d’un attentat terroriste,
nous devrions rester calmes et discrets, ne pas manifester d’émotion publique
et montrer ainsi que nous sommes vraiment un peuple au mental très fort, un
peuple qui s’en remet à son gouvernement pour réagir. Le gouvernement devrait
expliquer son plan d’action, et ne pas s’en tenir à des déclarations
inutiles telles que : « Ces actes barbares et ignobles »,
« Rester calmes et ne pas faire d’amalgame », …
Parler de « guerre »
sur notre territoire n’est pas cohérent. Sommes-nous vraiment en guerre chez
nous lorsque nous vaquons quotidiennement à nos occupations de manière
habituelle et sans prendre des mesures de temps de guerre ? Sortons-nous
avec des gilets pare-balles, des engins blindés, armés jusqu’aux dents ?
Non, nous ne sommes pas en
guerre. Il y a seulement des terroristes potentiels dont l’action est à traiter
par des services de renseignements et de police. Eux doivent faire et font leur
métier.
3/ Le réveil de la Chine
La Chine est un pays gouverné de
manière dictatoriale, ce qui donne à ses gouvernants une capacité à suivre une
politique dans la durée (ils ne sont pas à la merci d’une élection ou d’un
mouvement populaire) et selon une stratégie, elle aussi inscrite dans la durée,
qui se joue des institutions internationales.
Actuellement, la Chine mène
depuis des années des actions de vive force[2]
visant à faire de la mer de Chine du
sud un espace de souveraineté nationale alors que plusieurs parties de
cette mer sont des eaux territoriales ou des zones économiques exclusives (ZEE)
d’autres Etats (Vietnam, Philippines, Malaisie, …) et qu’une autre partie est
une zone de haute mer à statut international. Les ambitions de la Chine sont
matérialisées sur les cartes par le « tracé en 10 traits » encore
appelé, compte tenu de sa forme, « le tracé de la langue de buffle ».
La visée réelle est à plus long
terme et bien plus dangereuse militairement : permettre le déploiement de ses sous-marins
nucléaires lance-engins dans la Pacifique comme menace stratégique des
USA et du reste du monde.
Simultanément, la Chine déploie
sa stratégie dite du « collier de
perles » consistant dans le rachat ou la location
pour une durée limitée d'installations portuaires et aériennes échelonnées
jusqu'au Soudan pour garantir la sécurité de ses voies d'approvisionnement
maritimes, ainsi que sa liberté d'action commerciale et militaire. Elle a aussi
pour but d'encercler l’Inde par des ports au Sri Lanka, au
Pakistan, en Birmanie et au
Bangladesh.
Face à cette puissance réelle dont parlent si peu nos médias
toujours fascinés par le court terme et par le sensationnel, la seule puissance
capable de s’opposer à la Chine est les USA. Dans 10 ans ou 20 ans, la
puissance militaire chinoise s’imposera au reste du monde.
Simultanément, l’Union européenne sera devenue un nain
militaire alors qu’elle sera encore probablement l’une des cinq plus grandes
puissances économiques de la planète.
4/ A quand le
redressement militaire de l’Union européenne ?
Lors de la chute de l’URSS, en 1991, les nations européennes
ont cru qu’elles étaient dorénavant à l’abri de toute guerre, de toute attaque.
Elles ont alors décidé de « profiter des dividendes de la paix » en
réduisant de manière très importante leurs budgets de défense.
Aujourd’hui, l’Union européenne est déja un nain militaire.
La France seule a des capacités militaires réelles, mais très réduites[3].
Or, nul européen ne peut croire aujourd’hui à cet espace de
paix éternel ! Les guerres s’enchaînent à nos portes, la Chine se déploie
de manière continue et puissante. La paix au niveau mondial n’est pas pour
demain, ni pour après-demain. Il appartient donc aux nations de prendre les
mesures de défense qui leurs seront un jour nécessaire.
Toutes les nations européennes doivent redresser leur effort
de défense au moins à hauteur de 2% de leurs PIB. Il faut prendre conscience
que les budgets militaires de très nombreuses nations sont en progression très
nette de plusieurs pourcents annuels, alors que ceux des Etats de l’Union
européenne décroissent ou, au mieux, stagnent.
Qu’on ne s’y trompe pas, le but du redressement militaire de
l’Union européenne n’est pas d’être un élément générateur de conflits dans le
monde. Il doit d’abord permettre à l’Union européenne de se protéger par
elle-même et de cesser de remettre cette protection entre les mains des USA
(que l’on sait si facilement vilipender par ailleurs !). Il doit ensuite
être capable de favoriser la pacification du monde ou de limiter les conflits :
il faudra bien, face aux puissances militaires de demain, pouvoir faire valoir
notre vision du monde.
Récemment, un attentat terroriste a conduit le président de
la République à réduire la diminution des effectifs et du budget de la Défense.
C’est un pas minuscule, bien qu’exceptionnel puisque cela fait des décennies
que l’on n’a connu que des évolutions inverses.
Mais, il faut aller plus loin : il faut augmenter les
effectifs des forces armées et leurs capacités militaires. Il s’agira d’un acte
politique de clairvoyance qui demande du courage … mais tous les hommes
politiques ne cessent, dans leurs déclarations, de nous dire qu’ils sont
courageux : qu’ils le montrent !
[1] Force tactique combinée
(terre – air – mer) multinationale – Opération « Volonté inébranlable
locale (avec les pays locaux) » (traduction personnelle).
[2] Contrôles maritimes
assurés par des navires militaires, déroutements d’avions volant au dessus de
ces zones, manœuvres maritimes d’intimidation, construction d’une stèle
chinoise par 22 m de profondeur sur un haut fond ne dépendant pas de ses eaux,
harcèlements des compagnies pétrolières en mer de Chine du sud, ..
[3] Voir mon article du mois
de juin 2014.
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