mardi 20 novembre 2018

STOP à " Du coup " !

" Du coup …. "
" Du coup .... "

Véritable maladie aujourd'hui !

Toutes les phrases sont parsemées de " Du coup ", au lieu de dire " Donc ".

Je suis assommé par tous ces " Du coup " !

Les élèves, en math, lorsqu'ils font une démonstration, ne disent plus : " donc ceci ... ", puis " donc cela ... ". Non, ils assènent des " Du coup " répétés. Quel coup ont-ils reçu pour continuer leur raisonnement à partir d'un coup qui n'a pas été exprimé, qui n'a pas été reçu ?

Les journalistes ne disent plus " Donc ", mais " Du coup ".
Les personnes interrogées à la radio ou à la télévision sont également sous le choc de coups répétés et s'y réfèrent inlassablement : du coup, du coup, du coup !

" Donc " est une conjonction de coordination qui exprime une conséquence.

" Du coup " est une expression qui fait suite à un coup … reçu, un choc,

C'est vrai que l'on comprend très bien ce que veut dire une personne qui dit un "Du coup ".

Est-ce une grippe verbale, un virus verbal ?

Du coup, je ne sais quel antibiotique ou quel traitement prendre pour l'éliminer !

A l'aide !

jeudi 16 août 2018

De la force spatiale américaine et de la stabilité du monde

Le Président américain, Donald Trump, vient de décider de la création d'une force spatiale américaine.

1/ Un monde très conflictuel
Certes, la décision de Donald Trump peut se comprendre dans l'état actuel du monde : les conflits de toutes sortes (économiques, territoriaux, idéologiques, ...), les alliances de circonstances ou non, les guerres asymétriques ou non sont répandus sur toute la surface du globe.

2/ Un monde en réarmement
Dans ces circonstances, on observe un réarmement de très nombreuses nations à des niveaux de plus en plus élevés. Trois exemples :
- le nombre de pays ayant des sous-marins ne cesse de croître , en particulier chez des nations qui n'en avaient jamais eu l'usage et la capacité, alors que l'arme sous-marine demande une compétence exceptionnelle et qu'elle représente une menace très importante. ;
- les pays possédant l'arme nucléaire ou proches de la posséder n'ont cessé d'augmenter depuis la chute de l'empire soviétique, à l'encontre du traité international de non prolifération (TNP) signé en 1968. Le TNP stipule que les États dotés de l'arme nucléaire ayant fait exploser un engin nucléaire avant le 1er janvier 1967 (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) s'engagent à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires, et que les autres États s'engagent à ne pas fabriquer d'armes nucléaires et à ne pas essayer de s'en procurer. Aujourd'hui, cependant, Israël, le Pakistan, l'Inde et la Corée du nord en sont pourvus, alors que l'Iran est à la veille de pouvoir posséder cette arme ;
- compte tenu du redéploiement des forces maritimes et aériennes russes sur l'Atlantique et la Baltique, les USA viennent de recréer la deuxième flotte US en Atlantique (qui avait été dissoute en 2011).

3/ Une obligation pour les États d'avoir les capacités de se défendre
Dans ce monde belligène, il est de la responsabilité des gouvernants d'assurer la sécurité de leur nation et donc de posséder une armée à hauteur des menaces qui les concernent.
Cela, selon le proverbe romain : « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »).
Notons que ce proverbe n'incite pas à la guerre, mais favorise la légitime défense.

4/ Des organisation internationales prolifiques
Dans notre monde d'aujourd'hui, où chaque État peut avoir des liens ou des litiges avec n'importe lequel autre et non plus avec ses seuls voisins, la nécessité d'une régulation internationale et mondiale devient de plus en plus nécessaire.
Après la SDN (Société des nations, 1919), ce fut l'ONU (1942). Les différentes organisations (la plupart filiales de l'ONU) sont devenues très nombreuses, preuve de la nécessité de cette régulation internationale.
En voici quelques unes des plus connues, à titre d'exemples :
Cour pénale internationale, <conseil mondial pour la paix, Cours internationale de justice, Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, Organisation mondiale de la santé (OMS), Programme alimentaire mondial, Fonds monétaire international, Organisation de l'aviation civile internationale, Union internationale des télécommunicaions, Organisation maritime internationale, organisation météorologique mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC), ...
Cette prolifération d'organismes à vocation mondiale est très positive car elle marque la recherche d'un fonctionnement apaisé du monde. Pourtant, on remarque que, malgré toutes ces organisations, le monde est de plus en plus conflictuel.

5/ Un autre traité relatif à l'espace
Un projet de « Traité sur la Prévention du placement d’armes dans l’espace et de la menace ou de l’usage de la force contre des objets dans l’espace » (PPWT pour Treaty on the Prevention of the Placement of Weapons in Outer Space, the Threat or Use of Force against Outer Space Objects) a été mis sur la table par la Russie et la Chine en 2008 : il interdit la mise en orbite d’armes nucléaires et tout autre type d’armes de destruction massive ainsi que l’utilisation de la Lune à des fins guerrières.

Voilà un traité apparemment positif.
Mais, les Américains n'ont jamais voulu signer ce traité car Russes et Chinois ne cessent de développer des armes de destruction de satellites, ce qui n'est pas cohérent avec le but affiché du PPWT !

6/ De la responsabilité des gouvernants
La régulation internationale est de la responsabilité des chefs d’État, et la réussite ou l'échec des actions de ces organisations est à mettre au compte des chefs d’État.

On ne peut que constater que les chefs d’État n'exercent pas correctement cette responsabilité !
La conscience qu'ils ont de la façon dont le monde pourrait évoluer vers une terre commune et partagée est loin d'être suffisante : les intérêts particuliers des États priment sur le bien commun à l'échelle du monde.

La décision de Donald Trump est donc tout à la fois compréhensible (menaces en provenance de la Russie et de la Chine) et regrettable : si la première puissance du monde n'a pas le courage d'agir plus pour une régulation du monde que pour ses propres intérêts, le monde ne peut que courir vers un avenir plus dangereux.

7/ De l’Église et des affaires du monde
Dans sa doctrine sociale, l’Église établit plusieurs principes qui devraient régir les relations internationales :

- la « Destination universelle des biens » (les biens que nous offrent le monde et l'intelligence des hommes ont vocation à être partagés pour améliorer la condition de tous) ;
- le « Bien commun », vision des relations humaines et étatiques fondées sur la recherche d'un bien, dans chaque affaire du monde, qui soit un bien pour tous, et non une confrontation d'intérêts particuliers ;
- la nécessité d'organisme internationaux et supra-nationaux ayant de réels pouvoirs pour établir des relations justes pour tous.

Ces principes universels et recevables par toutes les cultures pourraient éclairer les dirigeants du monde pour le plus grand bien de tous !

De la force spatiale américaine et de la stabilité du monde

Le Président américain, Donald Trump, vient de décider de la création d'une force spatiale américaine.

1/ Un monde très conflictuel
Certes, la décision de Donald Trump peut se comprendre dans l'état actuel du monde : les conflits de toutes sortes (économiques, territoriaux, idéologiques, ...), les alliances de circonstances ou non, les guerres asymétriques ou non sont répandus sur toute la surface du globe.

2/ Un monde en réarmement
Dans ces circonstances, on observe un réarmement de très nombreuses nations à des niveaux de plus en plus élevés. Trois exemples :
- le nombre de pays ayant des sous-marins ne cesse de croître , en particulier chez des nations qui n'en avaient jamais eu l'usage et la capacité, alors que l'arme sous-marine demande une compétence exceptionnelle et qu'elle représente une menace très importante. ;
- les pays possédant l'arme nucléaire ou proches de la posséder n'ont cessé d'augmenter depuis la chute de l'empire soviétique, à l'encontre du traité international de non prolifération (TNP) signé en 1968. Le TNP stipule que les États dotés de l'arme nucléaire ayant fait exploser un engin nucléaire avant le 1er janvier 1967 (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine) s'engagent à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires, et que les autres États s'engagent à ne pas fabriquer d'armes nucléaires et à ne pas essayer de s'en procurer. Aujourd'hui, cependant, Israël, le Pakistan, l'Inde et la Corée du nord en sont pourvus, alors que l'Iran est à la veille de pouvoir posséder cette arme ;
- compte tenu du redéploiement des forces maritimes et aériennes russes sur l'Atlantique et la Baltique, les USA viennent de recréer la deuxième flotte US en Atlantique (qui avait été dissoute en 2011).

3/ Une obligation pour les États d'avoir les capacités de se défendre
Dans ce monde belligène, il est de la responsabilité des gouvernants d'assurer la sécurité de leur nation et donc de posséder une armée à hauteur des menaces qui les concernent.
Cela, selon le proverbe romain : « Si vis pacem, para bellum » (« Si tu veux la paix, prépare la guerre »).
Notons que ce proverbe n'incite pas à la guerre, mais favorise la légitime défense.

4/ Des organisation internationales prolifiques
Dans notre monde d'aujourd'hui, où chaque État peut avoir des liens ou des litiges avec n'importe lequel autre et non plus avec ses seuls voisins, la nécessité d'une régulation internationale et mondiale devient de plus en plus nécessaire.
Après la SDN (Société des nations, 1919), ce fut l'ONU (1942). Les différentes organisations (la plupart filiales de l'ONU) sont devenues très nombreuses, preuve de la nécessité de cette régulation internationale.
En voici quelques unes des plus connues, à titre d'exemples :
Cour pénale internationale, <conseil mondial pour la paix, Cours internationale de justice, Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, Organisation mondiale de la santé (OMS), Programme alimentaire mondial, Fonds monétaire international, Organisation de l'aviation civile internationale, Union internationale des télécommunicaions, Organisation maritime internationale, organisation météorologique mondiale, Organisation mondiale du commerce (OMC), ...
Cette prolifération d'organismes à vocation mondiale est très positive car elle marque la recherche d'un fonctionnement apaisé du monde. Pourtant, on remarque que, malgré toutes ces organisations, le monde est de plus en plus conflictuel.

5/ Un autre traité relatif à l'espace
Un projet de « Traité sur la Prévention du placement d’armes dans l’espace et de la menace ou de l’usage de la force contre des objets dans l’espace » (PPWT pour Treaty on the Prevention of the Placement of Weapons in Outer Space, the Threat or Use of Force against Outer Space Objects) a été mis sur la table par la Russie et la Chine en 2008 : il interdit la mise en orbite d’armes nucléaires et tout autre type d’armes de destruction massive ainsi que l’utilisation de la Lune à des fins guerrières.

Voilà un traité apparemment positif.
Mais, les Américains n'ont jamais voulu signer ce traité car Russes et Chinois ne cessent de développer des armes de destruction de satellites, ce qui n'est pas cohérent avec le but affiché du PPWT !

6/ De la responsabilité des gouvernants
La régulation internationale est de la responsabilité des chefs d’État, et la réussite ou l'échec des actions de ces organisations est à mettre au compte des chefs d’État.

On ne peut que constater que les chefs d’État n'exercent pas correctement cette responsabilité !
La conscience qu'ils ont de la façon dont le monde pourrait évoluer vers une terre commune et partagée est loin d'être suffisante : les intérêts particuliers des États priment sur le bien commun à l'échelle du monde.

La décision de Donald Trump est donc tout à la fois compréhensible (menaces en provenance de la Russie et de la Chine) et regrettable : si la première puissance du monde n'a pas le courage d'agir plus pour une régulation du monde que pour ses propres intérêts, le monde ne peut que courir vers un avenir plus dangereux.

7/ De l’Église et des affaires du monde
Dans sa doctrine sociale, l’Église établit plusieurs principes qui devraient régir les relations internationales :

- la « Destination universelle des biens » (les biens que nous offrent le monde et l'intelligence des hommes ont vocation à être partagés pour améliorer la condition de tous) ;
- le « Bien commun », vision des relations humaines et étatiques fondées sur la recherche d'un bien, dans chaque affaire du monde, qui soit un bien pour tous, et non une confrontation d'intérêts particuliers ;
- la nécessité d'organisme internationaux et supra-nationaux ayant de réels pouvoirs pour établir des relations justes pour tous.

Ces principes universels et recevables par toutes les cultures pourraient éclairer les dirigeants du monde pour le plus grand bien de tous !

vendredi 22 juin 2018

Signe de l'instabilité du monde : des Finlandais et des Suédois souhaitent que leurs pays entrent dans l'OTAN.




Des personnalités politiques, des diplomates, des directeurs de think-tanks, des scientifiques, des dizaines de Suédois et de Finlandais ont co-signé un communiqué exigeant de leur gouvernement respectif d’intégrer définitivement l’OTAN. 

Les lignes bougent puisque ces deux pays, traditionnellement pacifistes, ont de longue date adopté une attitude neutre vis à vis de l'Est et de l'Ouest.

La question de l'Ukraine et de la Crimée, le réarmement russe et les déploiements militaires russes vers l'océan Atlantique, la mer Baltique et la mer Méditerranée de plus en plus nombreux et agressifs font que la Finlande et la Suède ne se sentent plus suffisamment en sécurité.

Ce communiqué montre que la stabilisation du monde (la limitation des conflits et leurs régressions) n'est plus à l'ordre du jour.

Si, nous Français, sommes très attentifs principalement aux crises et conflits du Proche-Orient, c'est que les informations données par nos médias sont très insuffisantes sur le reste du monde : nos médias sont très centrés sur notre hexagone et sont trop peu portés sur la marche du monde.

Et pourtant, nous sommes bien dans une mondialisation totale, qui ne se limite pas aux seules questions économiques.

Outre les conflits en Afrique et au Proche-Orient, la Chine et la Russie montent en puissance rapidement et fortement dans plusieurs zones, faisant grandir l'instabilité et les risques de conflits :
- les Chinois investissent de plus en plus la mer de Chine du Sud pour en faire une mer exclusivement chinoise, en contradiction avec le droit international. Ils mettent en place le «  collier de perles », c'est à dire une présence continue de la mer de Chine au détroit d'Ormuz par le rachat ou la location pour une durée limitée d’installations portuaires et aériennes, via les rives de l’Océan Indien afin de s'assurer une sécurité d’approvisionnements stratégiques,
- les Russes ont annexé la Crimée, s'implantent militairement en Syrie (port de Tartous, aéroport de Lattaquié), déploient régulièrement des avions militaires aux portes des pays de l'Union européenne, déploient des forces navales en Atlantique nord, en Méditerranée et en mer Noire, ainsi que des sous-marins en Baltique.

Peut-être faudra-t-il ajouter bientôt la Corée du Nord à ces deux pays.

Ces développements russes et chinois trouvent, en partie, leur justification dans l'attitude des USA en diverses régions du monde. Il est effectivement dommage que cette super-puissance réellement démocratique, n'ait pas eu un rôle stabilisateur – et de loin – dans les affaires du monde : elle aurait pu marquer l'histoire du monde en mettant sa puissance au service de la pays mondiale : l'opportunité est passée. A trop défendre ses intérêts propres, sans prendre en compte ceux des autres nations, elle n'a pas permis à la Chine de s'ouvrir au monde de manière plus pacifique et à la Russie de ne pas se sentir humiliée après la chute de l'empire soviétique.

Les tensions mondiales croissent, la Finlande et la Suède cherchent la protection de l'OTAN : la période actuelle devrait être celle de l'entrée de l'Union européenne dans le concert des grandes puissances. Mais nous en sommes très loin : l'Europe va-t-elle se réveiller pour rechercher la pacification du monde ?


samedi 21 mai 2016

Fanzones et sécurité : le choix et simple.


Le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar, a déclaré lors de son audition du 10 mai   devant la commission de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée nationale : « La France est aujourd’hui, clairement, le pays le plus menacé. » On s'en doutait, mais cette parole d'un tel responsable est on ne peut plus importante.

Patrick Calvar prévient, ensuite, qu'après le mode commandos et kamikazes de 2015, le risque est élevé d’une « campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’action étant multiplié pour créer un climat de panique ».

Le gouvernement est prévenu, alors même que la compétition de l'Euro de football va bientôt commencée.

Le Gouvernement a maintenu cette compétition, malgré le risque déjà déterminé comme élevé et c'est bien ! En effet, il est important que " l'Etat islamique " et les terroristes qui pourraient s'en réclamer comprennent que la France se sent capable de protéger ses concitoyens et qu'elle ne cède pas à la peur : la compétition doit avoir lieu.

Pour ce qui est des " fanzones ", il en va tout autrement : la compétition peut se dérouler sans elles et aucun spectateur intéressé ne sera privé de compétition puisqu'elle pourra être suivie par chacun à la télévision. 
Il serait donc inacceptable de prendre deux risques très graves et très probables, aux seules fin de permettre des rassemblements qui manifestent seulement le plaisir d'être ensemble et, comme on le dit habituellement, de " communier " dans la ferveur. 
Le premier risque est celui d'avoir de très nombreuses victimes à l'occasion de carnages insupportables. Non seulement, cela bouleverserait notre pays mais cela donnerait une occasion de victoire aux terroristes. 
Le deuxième risque est celui de l'usure des forces de l'ordre déjà épuisées par toutes les mesures de sécurité dues à Sentinelle et à toutes les grèves qui se terminent par des actions violentes.

Distinguer un événement international du plaisir personnel d'une petite partie de la population est un argument que le Gouvernement se doit de faire, même si cela doit lui faire perdre des voix aux prochaines élections.

Mais, si des attentats avaient lieu pendant la compétition, alors qu'il avait pris toutes les mesures nécessaires, cela ne devrait pas lui faire perdre de voix.
A l'inverse, des attentats dans des fanzones seraient, rétrospectivement, mis au compte de l'erreur d'analyse du Gouvernement.

Mais, ce qui doit prioritairement guider le Gouvernement, c'est la sécurité de ses concitoyens et non des calculs électoraux : les fanzones doivent être interdites cette année.


vendredi 18 mars 2016

Les médias et le cardinal Barbarin

Tout d’abord, que ce soit clair, les actes pédophiles me sont insupportables et sont inadmissibles, encore plus de la part de personnes en charges d’enfants, encore plus de la part de prêtres. C’est une douleur pour le chrétien que je suis, tout autant que pour les autres chrétiens : première et plus grande douleur pour ces enfants blessés à vie, douleur aussi pour mon Eglise dont les médias relèvent presque toujours les fautes sans relever suffisamment les beautés (et Dieu sait s’il y en a !), douleur également pour le cardinal Barbarin qui ne me semble pas devoir connaître un tel traitement médiatique dans les conditions actuelles de la connaissance des faits et avant même que la justice ait statué.

Ce billet n’a pas pour objectif de minimiser la gravité des actes de pédophilie commis par des prêtres. Non, je m’interroge seulement sur ce que j’entends à la radio concernant le cardinal Barbarin : je livre ici, seulement, la manière dont j’analyse l’action des médias.

Je prends un risque puisque l’association « La parole libérée » qui a dévoilé ces affaires, annonce qu’elle en dévoilera d’autres. Ce n’est qu’avec les éléments débattus aujourd’hui 18 mars que je rédige ce billet. Je le fais car je n’apprécie pas ce traitement médiatique et parce que je pense que beaucoup de chrétiens pensent comme moi, mais n’osent pas en parler et en souffrent donc.

Je ressens dans le traitement de ces affaires de l’acharnement médiatique à l’encontre du cardinal Barbarin et de l’Eglise. Acharnement veut dire excès et, pourquoi pas, erreur.

Tout d'abord, il faut clamer que le cardinal Barbarin n'est pas un pédophile. Le clamer car la clameur médiatique est telle que l'on pourrait finir par le croire !

L’Eglise, avec le Pape Benoît XVI, a pris à bras le corps cette question dramatique : le Pape en a eu le courage, il faut le reconnaître, même si certains estiment que ce n’est pas suffisant.

Je vais partir de ce que j’ai entendu à la radio ou à la télévision, en m’en tenant aux éléments les plus importants, tant de choses ayant été dites !

Un prêtre a commis des actes pédophiles avant 1991. Alertée par des rumeurs, sa hiérarchie l’a déplacé et, depuis, il n’a plus commis de tels actes. Si je ne me trompe pas, l’Eglise a pris la décision, depuis, que de tels  actes devaient être dénoncés à la justice et pas traités uniquement en interne. Je note également le terme de « rumeur » : ce n’est pas suffisant, à mon avis pour dénoncer une personne à la justice, mais ce devrait être suffisant pour faire une enquête interne.

Le cardinal Barbarin prend ses fonctions épiscopales à Lyon en 2002. Il aurait appris en 2007, toujours par la rumeur, l’existence des actes de ce prêtre. Après un entretien avec celui-ci, en fonction de l’absence de récidive depuis 16 ans, et faute de toute plainte d’une victime durant toutes ces années, le cardinal décida de le maintenir dans son sacerdoce. Cette décision lui est reprochée. Pour ma part, j’analyse ainsi cette attitude : il y a prescription (selon la presse) et personne n’a déposé de plainte. Est-il envisageable d'envoyer quelqu'un en justice sous ces deux conditions ? Il me semble que non, car la justice n’aurait pas d’éléments pour fonder une action contre ce prêtre.

En 2014, interrogé par une journaliste se faisant passer pour une victime, Monseigneur Barbarin lui conseilla sans détour de saisir la justice. Je me demande pourquoi les médias s’acharnent tant sur le cardinal Barbarin qui, malgré une supercherie, a montré la clarté de sa démarche et sa probité.

Il y a bien d’autres questions soulevées par ce traitement médiatique : pourquoi un tel acharnement ? Quel passif, entre les médias et l’Eglise, entre des « penseurs », des « autorités morales » ou des journalistes et l’Eglise, pourrait en être la cause ? Quel lien avec la « Manif pour tous » ? Je vous invite à lire les deux billets suivants :

-         http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/03/16/mgr-barbarin-cible-politique-5775404.html.

L’histoire récente nous a montré d’autres erreurs médiatiques sur ces questions. Elles ont fait souffrir énormément les personnes mises en cause.


Aujourd’hui, c’est le cardinal Barbarin qui est dans la tourmente. Compte tenu de l’analyse ci-dessus, je souhaiterais pouvoir lui dire mon soutien et ma confiance : Monseigneur, je vous soutiens dans mes prières !

PS sur l'image de l'Eglise en France.

De l'histoire de l'Eglise, dans le public et les médias, on ne retient que des périodes tristes et négatives. A croire que les chrétiens de France n'ont rien fait de bon et de beau tout au long de l'histoire de France, alors que les Français étaient essentiellement chrétiens ! 

En fait, il apparaît nettement que, pour beaucoup, la belle et merveilleuse histoire de France ne commence qu'avec la révolution de 1789. C'est une forme de parricide, non ? Tout ce que nos anciens ont fait, apporté et construit en France pendant plusieurs siècles ne peut être que mauvais car c'était un pays chrétien !

Encore faudrait-il être sûr que les références historiques et journalistiques d'aujourd'hui soient de qualité. Quand je vois les critiques péremptoires sur les croisades, sur l'Inquisition, sur les guerres de religion, je me demande si ceux qui les font en public ont bien étudié ces périodes historiques : en effet, des historiens savent montrer combien l'histoire officielle est orientée de manière anti-catholique, mais leurs voix sont étouffées car ils ne sont pas politiquement et historiquement corrects. Naturellement, cette histoire très orientée est inscrite depuis des décennies dans les manuels d'histoire : ceux qui ne font pas d'autres recherches sont donc formatés dès le collège.

Qu'il y ait eu des périodes sombres dans l'histoire de l'Eglise est évident : comme le dit le titre d'un livre, "l'Eglise [est] au risque de l'histoire", je dirais au risque des hommes. Oui, l'Eglise est faite d'hommes et de femmes identiques aux autres, se débattant avec leurs penchants bons et mauvais.

Mais qu'il y a eu et qu'il y a de belles choses dans la France avant la révolution de 1789 ! C'est au sein de l'Eglise que des hommes et des femmes ont créé les hôpitaux et les écoles, ce sont les moines qui ont su rendre fertiles de nombreuses régions, ce sont toutes les œuvres dites de charité (protection des enfants, des jeunes filles, des femmes, des pauvres, ...) : on pourrait en écrire un livre des merveilles ! 

Et aujourd'hui, si Mère Térésa, l'abbé Pierre, sœur Emmanuelle ont crevé les écrans, combien d'autres Mères Térésa, abbés Pierre et sœurs Emmanuelle sont à l'oeuvre, inconnus des médias, donc inconnus !

L'Eglise ressemble, de l'extérieur, à une vieille bâtisse, lézardée, aux peintures défraîchies, donc peu avenante. Mais, si vous la connaissiez de l'intérieur, que de beautés, que d'humanité !  

vendredi 19 février 2016

Le Pape et Donald Trump

Les grandes questions et les débats du jour à la radio : " De quoi se mêle le Pape ? ", " Comment se permet-il de juger quelqu'un ? ". Ces débats  se fondent sur cette observation : le Pape a dit que Trump n'est pas chrétien car il veut construire des murs contre les migrants.

Or, voici le texte exact de l'intervention du Pape : " Une personne qui veut construire des murs et encore des murs et non des ponts n'est pas chrétienne. Voter, ne pas voter, je ne m'immisce pas, je dis seulement que ce n'est pas chrétien ".

Pour qui connaît la pensée de l'Eglise, il n'y a pas de doute : le Pape a dit que construire des murs, ce n'est pas chrétien. C'est à dire que c'est l'acte de construire des murs qui n'est pas chrétien, mais pas la personne.

Pourtant, le Pape a bien dit qu'une telle personne n'est pas chrétienne ! Alors ?

Alors, il faut comprendre qu'à l'oral on ne maîtrise pas totalement ce que l'on dit, alors qu'à l'écrit on peut maîtriser et revenir sur un premier jet que l'on veut corriger. Ici, la première phrase du Pape correspond à un jugement, mais la deuxième reprend l'idée en la corrigeant : " ce n'est pas chrétien ", c'est à dire "faire tel acte n'est pas chrétien ". Le Pape n'a pas voulu dire que Trump n'est pas chrétien, il s'est rendu compte que sa première formulation n'était pas la bonne, il l'a donc rectifiée dans la deuxième phrase !

En effet, chacun de ceux qui se disent chrétiens (dont moi) est amené à faire des actes qui ne sont pas chrétiens : dire du mal des autres, voler, mentir, ... Ces actes ne nous empêchent pas d'être chrétiens ! En fait, nous disant chrétiens, nous voulons suivre le Christ (donc ne faire que des actes bons), mais nous avons la forte conscience que nous n'y arrivons pas pour chacun de nos actes.

Cet exemple montre combien les journalistes ont la tendance de rapporter ce qu'ils entendent ou voient de manière à faire le " buzz " :

- je n'en ai entendu aucun parler de la deuxième phrase, elle est pourtant fondamentale ;
- certains ont dit avec mépris que distinguer les actes des personnes est jésuite, mais c'est faire preuve d'une déficience intellectuelle que de ne pas savoir faire cette différence.

La radio est puissante car elle donne une audience immense à telle ou telle personne qui s'y exprime. C'est une puissance à dompter !