mercredi 26 novembre 2014

La prononciation au service de l'oecuménisme !

Jusque là, entre catholiques, protestants et orthodoxes, on se jetait plutôt des œufs à la tête. C'est, probablement, de là que provient la prononciation usuelle de ce mot : eucuménisme, avec un "eu" comme dans "œuf" !

Mais aujourd'hui où nous prions et œuvrons pour que l’œcuménisme soit le signe d'un lien plus étroit entre religions, il serait bon que ce mot devienne le symbole de l'union entre catholiques et protestants et orthodoxes : en le prononçant écuménisme, comme le souhaite la linguistique. Alors cela nous aidera à faire un grand pas vers l'unité !

Consultez vos dictionnaires aux mots œcuménisme, Œdipe, œnologie, œsophage ... vous verrez que la phonétique indique que le "œ" doit se prononcer "é". L'explication se trouve naturellement dans les mots grecs dont ils sont issus et qui commencent par "oi" (oi) et que la tradition linguistique a toujours prononcé "é" : oikumenh (oecuménisme), Oidipos (Oedipe), oinologos (oenologie) et oisofagos (oesophage). Il en est d'ailleurs de même de la prononciation de foetus (lire fétus) bien que la raison étymologique soit différente.

Mais, allez-vous me dire, on prononce bien œuf, bœuf ... Oui, mais là l'étymologie est différente : l'ensemble "oeu" vient en effet du latin "ov" qui a toujours été prononcé "e". Ainsi, œuf vient de ovus et bœuf de bovem.


Alors, progressons vers l'unité des chrétiens en concordance phonétique !


NB : j'avais appris cela en cours de grec en 4ème ! Notre professeur de grec nous avait tous repris, nous demandant de prononcer Œdipe de cette manière : "édipe". Je n'ai jamais oublié cette leçon et je suis souvent retourné vers le Larousse pour vérifier qu'il en était toujours ainsi car, lorsque j'en fais la remarque, on me prend pour un illuminé (j'aimerais bien !).
On va me dire que trop de monde prononcent ces mots avec un "eu" et que ce serait chose impossible de renverser les usages. C'est étonnant car nous sommes à une époque où l'on fait tout ce que l'on peut pour sauvegarder des espèces en voie de disparition : on estime que cette protection de la nature est essentielle. Mais essentielle à quoi puisque tant d'espèces ont disparu après des catastrophes naturelles ?
Je serais heureux que l'on conserve les traces de notre vocabulaire et de sa prononciation : elles nous relient au passé, à nos racines, et cela a du sens de se conformer à une bonne raison (ici l'étymologie) plutôt qu'à une ignorance !

jeudi 4 septembre 2014

L’affaire « Eglise - Galilée » à l’éclairage de l’époque moderne (2/2)

3 – Alors, l’Eglise et Galilée ?

Tout le monde le sait : l’Eglise a condamné Galilée pour avoir affirmé que la Terre tournait autour du Soleil, et non l’inverse comme on le croyait à l’époque. Mais tout le monde ne sait pas comment cette affaire s’est passée exactement.

Tout d’abord, à cette époque, la plupart des grands penseurs croyaient au géocentrisme (le Soleil tourne autour de la Terre). Donc, l’Eglise n’a pas eu le monopole d’une difficulté à faire évoluer sa mentalité.

Néanmoins, quelques années plus tôt, c’était au pape Paul III que Nicolas Copernic avait dédié, vers 1540, son ouvrage le plus célèbre, "De la révolution des corps célestes", où il faisait un excellent exposé de l’héliocentrisme (la Terre tourne autour du Soleil). Et Johannes Keppler avait publié, dix ans avant Galilée, un ouvrage sur l’héliocentrisme, où il développait les thèses de Copernic. Donc, Galilée n’a pas été le découvreur de l’héliocentrisme et l’Eglise n’était pas figée unanimement dans une fausse croyance.

Galilée aurait pu, sans courir de trop grands risques, proposer l’héliocentrisme comme une théorie ou une méthode apte à expliquer de manière plus simple le mouvement des planètes. Ses difficultés surgirent dès lors qu’il cessa de le proposer comme une simple théorie scientifique et commença à le proclamer comme vérité, bien qu’à l’époque il n’en existait aucune preuve probante (il faut insister sur ce point particulier : Galilée n’a pas su prouver entièrement l’héliocentrisme).

Néanmoins, Galilée ne se serait pas attiré autant d’ennuis s’il s’était cantonné dans le domaine scientifique. La querelle est venue du fait qu’il avait transporté cette question dans celui de la théologie, proclamant que cette théorie était contraire à certains passages de la Bible. L’Eglise n’apprécia pas que Galilée se porte sur ce terrain qui n’était pas le sien, d’autant plus qu’en 1616, année du premier procès de Galilée, l’Eglise venait tout juste de sortir de l’épreuve de la Réforme, et que l’un des sujets de controverse avec les protestants concernait précisément l’interprétation individuelle de la Bible[1]. Les théologiens n’étaient donc pas disposés à prendre en compte la théorie héliocentrique fondée sur l’interprétation d’un laïc : l’époque ne s’y prêtait pas ! Pourtant Galilée s’est entêté à porter le débat sur le plan théologique. Il ne fait aucun doute que, s’il s’était cantonné au domaine purement scientifique, la question ne se serait pas enflammée au même point.

De plus, tout au long de cette affaire, Galilée a fait plusieurs erreurs de comportement qui ont renforcé la querelle. En voici deux exemples :
-   le pape Urbain VIII, qui apprécie Galilée, ne veut pas qu'il fasse figurer dans son Dialogue sur les deux grands systèmes du monde des arguments trop peu convaincants notamment à propos de sa théorie sur les marées, conseil dont Galilée ne tiendra pas compte ;
-   Galilée, qui veut écraser ses adversaires, publie son dialogue en demandant l'imprimatur, c'est-à-dire l'approbation de l'Église. Il piège Mgr Riccardi, maître du Sacré Palais, qui avait la mission d'inspecter le dialogue. En effet, lors de l'inspection, Mgr Riccardi n'a connaissance que de la préface et de la conclusion dans lesquelles Galilée ne dévoile pas ses vraies intentions.

La condamnation de Galilée est immédiatement commuée par le Pape en résidence surveillée. Le scientifique n'est donc jamais allé en prison et continua même à percevoir les revenus de deux bénéfices ecclésiastiques que le souverain pontife lui avait octroyé. La deuxième sanction : la récitation des psaumes de la pénitence une fois par semaine pendant un an, sera effectuée par sa fille religieuse carmélite.
Comme le remarque le célèbre scientifique et philosophe, Alfred North Whitehead (1861 – 1947), à une époque où de nombreuses « sorcières » furent soumises à la torture et au bûcher par les protestants en Nouvelle-Angleterre, « la pire des choses qui pouvait arriver à des hommes de science comme Galilée, était de purger une peine honorable d’assignation à domicile assujettie d’un léger blâme ».

Le pape Benoît XIV autorisa les ouvrages sur l’héliocentrisme dans la première moitié du XVIIIème siècle.

L’Eglise a donc bien condamné Galilée à tort. Mais, la condamnation a été légère (assignation à domicile, dans un grand confort et de courte durée), et elle portait sur les conséquences théologiques que voulaient en tirer Galilée.

N’oublions pas enfin que l’Eglise a de très longue date été proche des scientifiques et qu’aujourd’hui encore elle a son propre observatoire astronomique au Vatican où y exercent des sommités scientifiques. Par exemple, le père du Bing bang est le chanoine catholique belge Georges Lemaître.



[1] Notons que beaucoup de protestants (dont Luther) rejetaient également l’héliocentrisme.

L’affaire « Eglise - Galilée » à l’éclairage de l’époque moderne (1/2)

Cette question n’est pas d’actualité médiatique. Je l’aborde parce que, à la suite de plusieurs lectures d’aujourd’hui, je la trouve éclairée de manière différente de la version officielle et largement répandue. Pour ceux qui se disent catholiques, cela pourrait leur permettre d’avoir moins de complexes sur cette question. Pour les autres, cela pourrait leur permettre d’atténuer leur vision négative de l’Eglise !


1/ Puisé dans « E=mc², la biographie de la plus célèbre équation du monde »[1]

Vers la fin du XVIIème siècle, se posait une question scientifique : pourquoi Io, lune de Jupiter censée orbiter autour de sa planète en 42,5 heures, ne respectait pas sagement son horaire ? Beaucoup pensaient que Io était mal équilibrée et qu’elle oscillait sur son orbite. D’autres se demandaient si des nuages ou d’autres perturbations autour de Jupiter pouvaient fausser les observations.
Römer, jeune scientifique danois, se demandait, lui, si cela ne venait pas du fait que la lumière mette du temps à nous parvenir de la lointaine Jupiter. Mais c’était une idée insensée pour cette époque où l’on croyait que la vitesse de la lumière était infinie.
Pour vérifier son hypothèse, il proposa une expérience ayant pour but de prouver que Io, après avoir été masquée par sa planète, ne réapparaîtrait le 9 novembre 1676 qu’à 17h37 exactement, et non 17h27 selon l’hypothèse d’une vitesse infinie de la lumière. Io réapparut à 17h37mn49s !!

Et pourtant, les astronomes européens se refusèrent à admettre que la lumière voyageait à une vitesse finie. Ce n’est que 50 ans plus tard que de nouvelles expériences convainquirent les astronomes que Römer avait eu raison.

2/ Puisé dans « Les indices pensables »[2].

Pasteur a mis fin à la croyance en la génération spontanée en 1861, mais cela n’a pas empêché Darwin de continuer à y croire, comme il l’écrivait à son ami Joseph Hooker en 1871, à peine 10 ans après la démonstration de Pasteur : « La vie est apparue dans un petit étang chaud, dans lequel il y avait un riche bouillon de produits chimiques organiques, à partir desquels s'est formé le premier organisme primitif à la suite d'une longue période d'incubation durant les temps géologiques ».

Plus fort encore : beaucoup de scientifiques continuent à dire que la vie est née de la matière inerte par génération spontanée. Pour cela, disent-ils, il faut 5 conditions : de l’eau, de l’oxygène, de la lumière, une bonne température et une bonne pression. Or, nous savons aujourd’hui que ces conditions sont nécessaires mais pas suffisantes.

En effet, la vie a un code génétique que n’a pas la matière, code constitué d’un alphabet comprenant 4 lettres (quatre molécules). Mais il faut aussi un second langage pour que puisse apparaître la vie, celui de protéines composé de 20 acides aminés qui en sont les mots. Enfin, ces deux langages ne peuvent communiquer entre eux : il leur faut un traducteur qui leur permet d’agir de concert. Ce traducteur a été découvert il y a dix ans : ainsi dans chacune de nos cellules, les instructions de l’ADN sont-elles traduites dans le langage de protéines pour que, sur les chaînes de montage (les ribosomes), soient construites les protéines dont j’ai besoin pour vivre.

On pourrait suspecter cette présentation sous forme de langages et d’alphabets d’être un artifice destiné à influencer le lecteur. Mais, vous pouvez vérifier vous-mêmes cela car le prix Nobel de chimie a été décerné en octobre 2009 à trois chercheurs qui ont travaillé sur ce sujet dont l’intitulé est vérifiable sur internet : « Comment fonctionne le traducteur entre les deux langages, celui de l’ADN et celui des protéines ? »

Or, pour inventer et mettre en place un système intelligent (ce que sont ces alphabets), l’expérience nous enseigne qu’il faut de l’intelligence, ce que n’a pas la matière.
Ainsi la découverte de ce système génial relance le vieux débat entre Aristote et Démocrite : « Les atomes sont-ils capables de s’organiser tous seuls, sans aucune instruction intelligente, pour créer des tulipes, des hamsters, des êtres humains ? ». Autrement dit, plus les progrès des sciences avancent, plus  les conditions nécessaires à l’apparition de la vie se révèlent exiger de l’intelligence et même du génie.

Mais ces découvertes continuent à être passées sous silence par de nombreux scientifiques : on continue toujours à enseigner que la vie est née quelque part de la matière inanimée. On laisse entendre que toute trace d’eau sur Mars, ou sur toute autre astre, serait une preuve que la vie y a peut-être existé. Moi-même, j’ai assisté à une conférence d’un scientifique il y a un an qui démontrait qu’il avait pu mettre en évidence l’apparition de la vie quelque part sur Terre, à partir d’un bouillonnement particulier de matière au fond des océans. 150 ans après Pasteur !

Ces deux exemples, parmi beaucoup d’autres, montrent qu’il n’y a pas que l’Eglise qui puisse ne pas croire à une vérité scientifique, puisque même des scientifiques ont des blocages intellectuels !



[1] David Bodanis, Ed. Plon
[2] Brunor, Ed. Jubilé.

samedi 23 août 2014

Cartable rose, cartable bleu : le "genre", ça suffit !

1/ Le « gender » vit encore et continue son combat !
La secrétaire d’État à la Famille, Laurence Rossignol, n’a pas pu se retenir au vu des couleurs des cartables proposés aux élèves dans les grandes surfaces et a twitté : « Le concept du cartable pour fille ou pour garçon. Bien rose, bien nunuche pour les filles. Y a encore du taf… ».

Au secours ! Le « gender » revient en force, alors qu’on nous fait croire que « l’ABCD de l’égalité » ne sera pas enseigné à l’école : mensonge très probable, ou pour le moins vérité masquée.

2/ Le « genre », une idéologie, non une science.
La notion de " genre " n'est pas scientifique. En effet, la science part de la réalité, du vivant : elle l’observe puis en déduit des lois ou des systèmes de compréhension de l’univers. L’idéologie du genre fait le chemin inverse : elle part d’une idée, puis y fait entrer la réalité, en la forçant si nécessaire. Or, l’homme est capable de concevoir n’importe quelle idée, aussi aberrante soit-elle (comme celle du « genre »).
Pour synthétiser, l’idéologie du genre dit « Je pense, donc je sais », la science dit « J’observe, donc je comprends » : la science recherche la vérité à partir du réel et n’essaie pas d’en construire une de manière intellectuelle.

3/ Egalité homme / femme 
Il n’y a aucun doute sur l’égalité de l’homme et de la femme : ils sont vraiment égaux par nature. Encore, faut-il savoir pourquoi ils sont égaux et de quelle égalité il s’agit.

Ils sont égaux parce qu’ils sont de la même nature humaine : chaque enfant, garçon ou fille, est né de deux parents – père et mère – sans distinction dans leur conception. Ceci suffit à affirmer qu’ils sont égaux, mais c’est insuffisant pour déterminer en quoi ils sont égaux car ils sont, de fait, différents.

Le christianisme dit la même chose : « l’homme et la femme sont égaux ». Mais il ajoute l’explication suivante : ils sont égaux car Dieu les fit « homme et femme à son image ». Leur égalité est d’être tous les deux « image de Dieu » : leur égalité est celle d’une égale dignité car être « à l’image de Dieu » ou être « enfant de Dieu » est bien une dignité, suprême qui plus est. Mais, le christianisme reconnaît qu’ils sont différents et ne cherche pas, par idéologie, à gommer ces différences.
Leur égalité, qui a pour source leur dignité d’êtres humains, est vraie pour tout ce qui touche à leur nature profonde : en cela, ils méritent un même respect. Donc, toute égalité qui relève de ce même respect est complètement justifiée : par exemple, même droit de vote ou même salaire pour un même travail.

Mais, chaque fois qu’il y a une différence due à leur nature, l’égalité stricte - quasi mathématique – n’est plus justifiée. Il est alors nécessaire de tenir compte des grands traits de caractères qui les différencient, sans imposer une obligation d’identité strictement égale.
Par exemple, le caractère de la femme est par nature plus porté à la douceur et à la tendresse, celui de l’homme à la réserve et à la rudesse, voire à la combativité : vouloir forcer les hommes à adopter des comportements féminins les blessera inéluctablement, même s’il est bon d’apprendre aux hommes à mieux exprimer leurs sentiments ou à plus communiquer. Vouloir forcer les garçons et les filles à avoir des cartables de la couleur qui ne leur convient pas est un début de tyrannie : qu’est-ce que cela peut faire que les garçons préfèrent le bleu au rose ! Qu’est-ce que cela peut faire que les garçons préfèrent les voitures aux poupées !
Observer que les garçons en cours de récréation utilisent toute la cours pour leurs jeux dynamiques et que les filles restent plutôt sagement en un lieu à parler ou à jouer à des jeux calmes ne doit pas conduire à imposer aux garçons d’alterner les jeux et les surfaces de jeux avec les filles, contrairement à leurs besoins physiologiques naturels : le faire est une véritable tyrannie.

4/ De « l’égalité-bonne idée » à l’ineptie, puis à la tyrannie
L’égalité promue par les tenants du « genre », lorsqu’elle dépasse les questions de respect des personnes, aboutit à des inepties (faire jouer des filles à des jeux qui ne les attirent pas) qui, répétées, deviennent des tyrannies.


Un homme – heureux d’être un homme – avec une épouse – heureuse d’être une femme – qui vivent heureux dans leurs complémentarités et leurs différences : entre eux, ils ne recherchent pas l’égalité mais l’accomplissement de l’autre dans ce qu’il est. Cela n’empêche pas chacun de prendre sa part aux tâches de la vie familiale sans pour autant rechercher une égalité stricte qui ne rendrait plus compte de la nature propre de chacun et qui conduirait à remplacer, dans ce partage des tâches, l’amour par la comptabilité.

lundi 28 juillet 2014

Référendum national concernant l'école

Vous le savez, j'ai écrit un livre sur l'école : " Un peu de bon sens à l'école ! ... Ou l'école efficace sans dépenser un sou ".

Ce livre apporte un certain nombre de propositions aux parents, aux enseignants et au ministère pour améliorer l'efficacité de la scolarité des enfants ... sans qu'il soit besoin d'y injecter encore plus d'argent. Il est fondé sur mon expérience directe de cours particuliers depuis dix ans. Une conseillère générale, à qui j'expliquais mon parcours et mon livre, me disait que j'étais pour elle un " expert d'usage ", et qu'elle préférait ce type d'expert à ceux dont c'est le métier ... et qui en arrivent à des déviations due à la renommée, à l'obligation de proposer toujours des idées nouvelles, etc.

Le ministre actuel de l'Education nationale et son ministère continuent de prendre des mesures qui accroîtront encore plus l'inefficacité de l'école. Ils accumulent ce que je me permets d'appeler des gadgets, à savoir, par exemple, le développement du numérique à l'école, ou l'éducation à une égalité entre garçons et filles qui n'est en fait que le programme inadmissible de " L'ABCD de l'égalité ", lui-même issu de la fausse théorie du genre, qui n'est tout simplement qu'une idéologie pernicieuse.

Ce qui est dommage, c'est que les programmes, de l'école primaire au bac, sont bien construits . L'école primaire apporte le socle nécessaire de savoirs (lire, écrire, compter) pour pouvoir ensuite aller plus loin. Le collège engrange de nombreux savoirs utiles pour fonder une bonne culture générale, celle de l'honnête homme du XVIIème siècle. Enfin, le lycée, surtout à partir de la 1ère, apprend à raisonner, argumenter et démontrer, dans toutes les matières : le développement de l'intelligence permet alors le passage à l'âge adulte, celui de l'autonomie de décision et d'analyse. En quelque sorte, le primaire et le collège apportent un limon support d'une terre riche et fertile que la 1ère et la Terminale permettent d'exploiter intelligemment !

L'insertion du numérique dans ce cursus - qui conduit le cerveau à maturité sur toutes ces années - vient annihiler une grande partie de la pertinence de la scolarité : le numérique vient court-circuiter le développement de l'intelligence. Prenons un exemple concret, celui de l'apprentissage de la fonction mathématique " logarithme ". Jusqu'à il y a quelques années, en l'absence de calculettes assez puissantes pour cela, les élèves apprenaient à analyser complètement cette fonction par eux-mêmes. Aujourd'hui, je vois les élèves en Terminale ES utiliser leur calculette : ils savent bien appuyer sur toutes les touches nécessaires pour obtenir la courbe de la fonction qui leur est donnée en problème, mais ils ne savent pas ce que fait la calculette elle-même : donc, ils ne maîtrisent pas l'analyse de cette fonction. Je les vois taper sur leur calculette : " Tac tac tic ... tic tic tac " et, Ö merveille, la courbe est bien tracée. Un singe serait capable de faire cela, avec un peu de patience : voilà à quoi aboutit cette méthode ! Ce transfert de connaissances vers le numérique est désastreux pour le développement intellectuel des élèves.

Pendant longtemps, l'école a été nommée " Instruction publique ". Cette dénomination la mettait à sa juste place : celle d'instruire. Depuis que l'école s'appelle " Education nationale ", non seulement l'école se donne des obligations complémentaires, mais en plus dessaisit les parents de leur rôle d'éducateurs. Mais il y a pire quand l'école se met à vouloir, sous couvert d'éducation, modifier le bon fond de l'éducation séculaire. Ainsi, l'Education nationale veut amener les élèves à imaginer qu'ils peuvent avoir une autre sexualité que celle que la nature leur a donnée. Comme le disait le ministre précédent de l'Education nationale, l'objectif est d'arracher les enfants aux déterminismes de l'éducation de leurs parents. Il y a là un totalitarisme d'Etat insupportable et inadmissible : nous sommes en droit de dire au Gouvernement " De quoi je me mêle ! ".

C'est pourquoi, je vous propose de participer au " référendum national " lancé par SOS Education. Je suis cette association depuis deux ans et j'y trouve toutes les idées que j'expose et défends : pour moi, c'est une excellente association que vous pouvez découvrir sur son site http://www.soseducation.org/association.php. Son référendum a pour objectif de montrer au gouvernement, aux parlementaires et aux médias que des centaines de milliers de personnes en France veulent d'urgence une profonde réforme de l'école et de l'éducation des enfants. Vous pouvez trouver ce référendum par ce lien : http://www.soseducation.org/_sites_annexes/referendum/.

Je ne sais si ce référendum sera efficace, mais il importe d'agir : les médias modernes nous le permettent, à nous de les utiliser !!

vendredi 27 juin 2014

Une notation juste et en vérité, c'est déjà une oeuvre d'éducation !

A partir de mon livre : " Un peu de bon sens à l'école ... Ou l'école efficace sans dépenser un sou ! ".

Depuis longtemps, des pédagogues en mal de « psychologisme » déclarent qu’il ne faut pas noter car cela « stigmatise » les élèves, les « frustre », et maintient une pratique « discriminatoire » entre ceux qui ont un milieu familial favorable et les autres.

Mais, sans notation, l’élève n’a plus de référence sur la qualité de son travail et de ses efforts : or, en toute chose et à toute étape de notre vie, nous avons besoin de points de repères fixes et solides. Sans notation, l’élève est maintenu dans une bulle irréelle de relations humaines car il risque de finir par croire que son individualité (ses connaissances, ses savoirs, sa manière de travailler, …) est détachable de toute autre réalité humaine et qu’il est sa propre référence.

Par ailleurs, la vie est concurrence, choix, sélection : la notation prépare les élèves à cette compétition habituelle. La compétition peut être considérée comme néfaste lorsqu’elle épuise les forces des uns et des autres, et lorsqu’elle laisse les plus faibles en chemin. Mais, la compétition est également une source de motivation personnelle, une invitation à aller plus loin, à se dépasser. Il suffit de regarder combien les enfants aiment se mesurer entre eux dans des activités sportives ou dans des jeux pour comprendre qu’ils n’ont pas peur de s’étalonner et de voir leurs efforts sanctionnés plus ou moins négativement : même leurs jeux électroniques, qu’ils prisent tant, affichent toujours des scores à battre ! A l’école, il suffit que la compétition soit saine, c'est-à-dire qu’elle ne laisse personne en chemin et qu’elle permette aux élèves en difficulté de rattraper leur retard.

Penser que l’école n’a pas à faire subir de frustration aux enfants revient à  leur faire croire que tout peut leur être accessible facilement et que rien ne doit leur résister : c’est à coup sûr en faire des frustrés à vie ! Ne faisons pas des élèves des Hans de Schnockeloch dont la chanson dit : « Tout ce qu’il veut, il ne l’a pas. Tout ce qu’il a, il n’en veut pas » !
C'est le risque du bac actuel qui, l'an passé par exemple, a été obtenu par 92% des S. Depuis 2006, cette consigne est écrite dans les épreuves de mathématiques : « Le candidat est invité à faire figurer sur la copie toute trace de recherche, même incomplète ou infructueuse, qu’il aura développée ». Oubliée la rigueur ancienne qui tenait compte et de la démonstration et du résultat, à la condition que l’une et l’autre soient correctes ! On comprend bien que cela permet d'obtenir les pourcentages élevés de réussite au bac recherchés par le ministère, quelle que soient la qualité des copies. 
J’imagine que cet esprit initié par l’Education nationale va se propager dans la société. Un jour peut-être, on acceptera une maison construite par un maçon incertain, mais qui pourra justifier par « toute trace de recherche, même incomplète ou infructueuse » de la qualité de son travail !

Il ne faut évidemment pas frustrer les élèves par principe et stupidement : une mauvaise note peut être frustrante mais, si elle est donnée avec justice, elle montrera en vérité à l’élève quel est son niveau réel de connaissances. Il aura à affronter la vérité qui le concerne, quoi de plus éducatif !

J’aime à citer le titre d’un livre qui colle bien à la réalité de notre société : « Cessez d’être gentils, soyez vrais »[1] ! Je le constate au quotidien auprès des jeunes managers : ils espèrent pouvoir manager en étant « gentils » et ainsi s’affranchir des difficultés relationnelles ! Il y a là une utopie que l’entreprise a vite fait de démonter, non parce que l’entreprise est brutale et inhumaine, mais parce qu’elle met chacun en face de ses responsabilités, tout simplement !

A l’école aussi ce principe a ses vertus et l’on peut dire à ceux qui craignent de frustrer les élèves : cessez d’être gentils, de ne pas noter, de ne pas frustrer, de materner, de protéger ! Mais soyez vrais : les enfants savent bien ce qu’ils méritent ou ne méritent pas, la seule chose qui leur importe vraiment est que ce qui les concerne le soit en toute justice, même si cela doit leur être désagréable.

Noter en toute justice est une oeuvre d'éducation : éducation à la justice.
Noter en toute vérité est une oeuvre d'éducation : éducation à la vérité. 
Suivre Benoît Hamon dans sa proposition " d'évaluation bienveillante ", c'est déjà commencer à mentir, à falsifier la vérité.

La question posée par la notation aujourd'hui n'est pas celle de l'impact qu'elle a sur les élèves.
C'est celle de l'échec de la scolarité en général : l'école manque d'efficacité, c'est sur ce point que le ministre devrait se pencher !




[1] Thomas d’Ansembourg, les Editions de l’Homme.

Des prénoms et de l'individualisme

Aujourd’hui, 27 juin 2014, l’Eglise nous invite à lire ce texte tiré de l’Evangile selon saint Luc (Lc 1, 57 – 63) :
« Cependant, le jour où Elisabeth devait enfanter arriva, et elle mit au monde un fils […]. Or le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant. On voulait l’appeler Zacharie, du nom de son père ; mais sa mère, prenant la parole, dit : « Non, il s’appellera Jean ». On lui dit alors : « Mais il n’y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! ». Et on demanda par signe au père comment il voulait qu’on l’appelât. Celui-ci se fit donner une tablette et écrivit : « Jean est son nom » ; et ils en furent tous étonnés ».

De tous temps et dans beaucoup de cultures, les prénoms se transmettent dans les familles : un lien se tisse ainsi entre les générations, par un désir conscient de chacun, comme si les parents disaient : « Mon enfant, ta présence sur terre est l’aboutissement d’une longue histoire qu’il est bon que tu gardes en mémoire ; tu n’es pas un être isolé, souviens-toi toujours de ceux qui t’ont précédé et par qui tu es là ! ». Chaque génération est rattachée étroitement à la précédente, la porte dans sa mémoire jusque dans les prénoms. Chaque génération est ainsi conduite à reconnaître ce qu’elle doit aux précédentes et à vivre dans une relation étroite avec elles.

A l’ère chrétienne qu’inaugurent Elisabeth et Zacharie, une ouverture s’est faite : on donna aux enfants le prénom d’un saint, choisi par les parents, qui deviendra le saint patron de l’enfant. Souvent d’ailleurs, ces prénoms se transmettaient dans les familles de génération en génération : c’était le cas du fils aîné à qui l’on donnait couramment le nom du père. C’était comme si les parents disaient : « Mon enfant, ta présence sur terre est l’aboutissement d’une longue histoire qu’il est bon que tu gardes en mémoire ; tu n’es pas un être isolé, souviens-toi toujours de ceux qui t’ont précédé dans la foi et par qui cette foi t’est transmise ! ». Ainsi, chaque personne chrétienne s’inscrivait dans la large succession de la famille chrétienne. Chaque génération était conduite à se reconnaître comme faisant partie de cette famille chrétienne à travers les âges.

Aujourd’hui, ces règles ne sont presque plus appliquées : le choix des prénoms s’est très largement ouvert avec, même, des inventions de prénoms ! En effet, beaucoup choisissent un prénom pour son originalité ou, au contraire, selon l’air du temps et la mode, car on observe bien une mode des prénoms. On sent, à travers cette évolution, comme un vent de liberté qui souffle sur notre société : faire ce que je désire, sans lien imposé par la tradition familiale ; choisir le prénom qui me plaît, sans contrainte. Ce désir de liberté est une belle chose car il est bon que chaque personne puisse vivre de manière libre. C’est d’ailleurs bien cette liberté à laquelle aspirent les adolescents qui ont hâte de « larguer les amarres » et « d’avancer en eaux profondes » !

En choisissant ainsi des prénoms en rupture avec l’histoire familiale, les parents semblent donner déjà, dès la naissance, ce goût de la liberté à leur enfant : « Va, va où tu désires, ne t’encombre pas de traditions familiales, ne te sens pas lié au passé, aux générations précédentes : fais ta vie ! ».

On peut s’interroger, néanmoins, sur la perte de ces traditions : ne représente-elle qu’une liberté gagnée ? Ne diminue-t-elle pas, de manière inconsciente, le lien de solidarité entre les générations ? En effet, notre société a évolué au cours des dernières décennies vers un très fort individualisme et l’on voit que cette évolution se concrétise à travers cette manière de choisir les prénoms : l’enfant est ainsi invité à n’avoir pas de lien familial. Son prénom ne le rend en rien redevable des générations précédentes. Mais à l’inverse, cet enfant risque de connaître la solitude d’un être si libre qu’il n’a plus de lien avec personne : or, l’homme ne peut être un loup solitaire car, par nature, il est fait pour vivre avec les autres, comme sa capacité innée à parler le prouve.


Le lien avec les générations précédentes m’ancre dans une histoire qui me permet de mieux comprendre mon destin : sachant d’où je viens, je peux mieux savoir où je vais.