vendredi 22 juin 2018

Signe de l'instabilité du monde : des Finlandais et des Suédois souhaitent que leurs pays entrent dans l'OTAN.




Des personnalités politiques, des diplomates, des directeurs de think-tanks, des scientifiques, des dizaines de Suédois et de Finlandais ont co-signé un communiqué exigeant de leur gouvernement respectif d’intégrer définitivement l’OTAN. 

Les lignes bougent puisque ces deux pays, traditionnellement pacifistes, ont de longue date adopté une attitude neutre vis à vis de l'Est et de l'Ouest.

La question de l'Ukraine et de la Crimée, le réarmement russe et les déploiements militaires russes vers l'océan Atlantique, la mer Baltique et la mer Méditerranée de plus en plus nombreux et agressifs font que la Finlande et la Suède ne se sentent plus suffisamment en sécurité.

Ce communiqué montre que la stabilisation du monde (la limitation des conflits et leurs régressions) n'est plus à l'ordre du jour.

Si, nous Français, sommes très attentifs principalement aux crises et conflits du Proche-Orient, c'est que les informations données par nos médias sont très insuffisantes sur le reste du monde : nos médias sont très centrés sur notre hexagone et sont trop peu portés sur la marche du monde.

Et pourtant, nous sommes bien dans une mondialisation totale, qui ne se limite pas aux seules questions économiques.

Outre les conflits en Afrique et au Proche-Orient, la Chine et la Russie montent en puissance rapidement et fortement dans plusieurs zones, faisant grandir l'instabilité et les risques de conflits :
- les Chinois investissent de plus en plus la mer de Chine du Sud pour en faire une mer exclusivement chinoise, en contradiction avec le droit international. Ils mettent en place le «  collier de perles », c'est à dire une présence continue de la mer de Chine au détroit d'Ormuz par le rachat ou la location pour une durée limitée d’installations portuaires et aériennes, via les rives de l’Océan Indien afin de s'assurer une sécurité d’approvisionnements stratégiques,
- les Russes ont annexé la Crimée, s'implantent militairement en Syrie (port de Tartous, aéroport de Lattaquié), déploient régulièrement des avions militaires aux portes des pays de l'Union européenne, déploient des forces navales en Atlantique nord, en Méditerranée et en mer Noire, ainsi que des sous-marins en Baltique.

Peut-être faudra-t-il ajouter bientôt la Corée du Nord à ces deux pays.

Ces développements russes et chinois trouvent, en partie, leur justification dans l'attitude des USA en diverses régions du monde. Il est effectivement dommage que cette super-puissance réellement démocratique, n'ait pas eu un rôle stabilisateur – et de loin – dans les affaires du monde : elle aurait pu marquer l'histoire du monde en mettant sa puissance au service de la pays mondiale : l'opportunité est passée. A trop défendre ses intérêts propres, sans prendre en compte ceux des autres nations, elle n'a pas permis à la Chine de s'ouvrir au monde de manière plus pacifique et à la Russie de ne pas se sentir humiliée après la chute de l'empire soviétique.

Les tensions mondiales croissent, la Finlande et la Suède cherchent la protection de l'OTAN : la période actuelle devrait être celle de l'entrée de l'Union européenne dans le concert des grandes puissances. Mais nous en sommes très loin : l'Europe va-t-elle se réveiller pour rechercher la pacification du monde ?


samedi 21 mai 2016

Fanzones et sécurité : le choix et simple.


Le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar, a déclaré lors de son audition du 10 mai   devant la commission de la Défense et des Forces armées de l’Assemblée nationale : « La France est aujourd’hui, clairement, le pays le plus menacé. » On s'en doutait, mais cette parole d'un tel responsable est on ne peut plus importante.

Patrick Calvar prévient, ensuite, qu'après le mode commandos et kamikazes de 2015, le risque est élevé d’une « campagne terroriste caractérisée par le dépôt d’engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d’action étant multiplié pour créer un climat de panique ».

Le gouvernement est prévenu, alors même que la compétition de l'Euro de football va bientôt commencée.

Le Gouvernement a maintenu cette compétition, malgré le risque déjà déterminé comme élevé et c'est bien ! En effet, il est important que " l'Etat islamique " et les terroristes qui pourraient s'en réclamer comprennent que la France se sent capable de protéger ses concitoyens et qu'elle ne cède pas à la peur : la compétition doit avoir lieu.

Pour ce qui est des " fanzones ", il en va tout autrement : la compétition peut se dérouler sans elles et aucun spectateur intéressé ne sera privé de compétition puisqu'elle pourra être suivie par chacun à la télévision. 
Il serait donc inacceptable de prendre deux risques très graves et très probables, aux seules fin de permettre des rassemblements qui manifestent seulement le plaisir d'être ensemble et, comme on le dit habituellement, de " communier " dans la ferveur. 
Le premier risque est celui d'avoir de très nombreuses victimes à l'occasion de carnages insupportables. Non seulement, cela bouleverserait notre pays mais cela donnerait une occasion de victoire aux terroristes. 
Le deuxième risque est celui de l'usure des forces de l'ordre déjà épuisées par toutes les mesures de sécurité dues à Sentinelle et à toutes les grèves qui se terminent par des actions violentes.

Distinguer un événement international du plaisir personnel d'une petite partie de la population est un argument que le Gouvernement se doit de faire, même si cela doit lui faire perdre des voix aux prochaines élections.

Mais, si des attentats avaient lieu pendant la compétition, alors qu'il avait pris toutes les mesures nécessaires, cela ne devrait pas lui faire perdre de voix.
A l'inverse, des attentats dans des fanzones seraient, rétrospectivement, mis au compte de l'erreur d'analyse du Gouvernement.

Mais, ce qui doit prioritairement guider le Gouvernement, c'est la sécurité de ses concitoyens et non des calculs électoraux : les fanzones doivent être interdites cette année.


vendredi 18 mars 2016

Les médias et le cardinal Barbarin

Tout d’abord, que ce soit clair, les actes pédophiles me sont insupportables et sont inadmissibles, encore plus de la part de personnes en charges d’enfants, encore plus de la part de prêtres. C’est une douleur pour le chrétien que je suis, tout autant que pour les autres chrétiens : première et plus grande douleur pour ces enfants blessés à vie, douleur aussi pour mon Eglise dont les médias relèvent presque toujours les fautes sans relever suffisamment les beautés (et Dieu sait s’il y en a !), douleur également pour le cardinal Barbarin qui ne me semble pas devoir connaître un tel traitement médiatique dans les conditions actuelles de la connaissance des faits et avant même que la justice ait statué.

Ce billet n’a pas pour objectif de minimiser la gravité des actes de pédophilie commis par des prêtres. Non, je m’interroge seulement sur ce que j’entends à la radio concernant le cardinal Barbarin : je livre ici, seulement, la manière dont j’analyse l’action des médias.

Je prends un risque puisque l’association « La parole libérée » qui a dévoilé ces affaires, annonce qu’elle en dévoilera d’autres. Ce n’est qu’avec les éléments débattus aujourd’hui 18 mars que je rédige ce billet. Je le fais car je n’apprécie pas ce traitement médiatique et parce que je pense que beaucoup de chrétiens pensent comme moi, mais n’osent pas en parler et en souffrent donc.

Je ressens dans le traitement de ces affaires de l’acharnement médiatique à l’encontre du cardinal Barbarin et de l’Eglise. Acharnement veut dire excès et, pourquoi pas, erreur.

Tout d'abord, il faut clamer que le cardinal Barbarin n'est pas un pédophile. Le clamer car la clameur médiatique est telle que l'on pourrait finir par le croire !

L’Eglise, avec le Pape Benoît XVI, a pris à bras le corps cette question dramatique : le Pape en a eu le courage, il faut le reconnaître, même si certains estiment que ce n’est pas suffisant.

Je vais partir de ce que j’ai entendu à la radio ou à la télévision, en m’en tenant aux éléments les plus importants, tant de choses ayant été dites !

Un prêtre a commis des actes pédophiles avant 1991. Alertée par des rumeurs, sa hiérarchie l’a déplacé et, depuis, il n’a plus commis de tels actes. Si je ne me trompe pas, l’Eglise a pris la décision, depuis, que de tels  actes devaient être dénoncés à la justice et pas traités uniquement en interne. Je note également le terme de « rumeur » : ce n’est pas suffisant, à mon avis pour dénoncer une personne à la justice, mais ce devrait être suffisant pour faire une enquête interne.

Le cardinal Barbarin prend ses fonctions épiscopales à Lyon en 2002. Il aurait appris en 2007, toujours par la rumeur, l’existence des actes de ce prêtre. Après un entretien avec celui-ci, en fonction de l’absence de récidive depuis 16 ans, et faute de toute plainte d’une victime durant toutes ces années, le cardinal décida de le maintenir dans son sacerdoce. Cette décision lui est reprochée. Pour ma part, j’analyse ainsi cette attitude : il y a prescription (selon la presse) et personne n’a déposé de plainte. Est-il envisageable d'envoyer quelqu'un en justice sous ces deux conditions ? Il me semble que non, car la justice n’aurait pas d’éléments pour fonder une action contre ce prêtre.

En 2014, interrogé par une journaliste se faisant passer pour une victime, Monseigneur Barbarin lui conseilla sans détour de saisir la justice. Je me demande pourquoi les médias s’acharnent tant sur le cardinal Barbarin qui, malgré une supercherie, a montré la clarté de sa démarche et sa probité.

Il y a bien d’autres questions soulevées par ce traitement médiatique : pourquoi un tel acharnement ? Quel passif, entre les médias et l’Eglise, entre des « penseurs », des « autorités morales » ou des journalistes et l’Eglise, pourrait en être la cause ? Quel lien avec la « Manif pour tous » ? Je vous invite à lire les deux billets suivants :

-         http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/03/16/mgr-barbarin-cible-politique-5775404.html.

L’histoire récente nous a montré d’autres erreurs médiatiques sur ces questions. Elles ont fait souffrir énormément les personnes mises en cause.


Aujourd’hui, c’est le cardinal Barbarin qui est dans la tourmente. Compte tenu de l’analyse ci-dessus, je souhaiterais pouvoir lui dire mon soutien et ma confiance : Monseigneur, je vous soutiens dans mes prières !

PS sur l'image de l'Eglise en France.

De l'histoire de l'Eglise, dans le public et les médias, on ne retient que des périodes tristes et négatives. A croire que les chrétiens de France n'ont rien fait de bon et de beau tout au long de l'histoire de France, alors que les Français étaient essentiellement chrétiens ! 

En fait, il apparaît nettement que, pour beaucoup, la belle et merveilleuse histoire de France ne commence qu'avec la révolution de 1789. C'est une forme de parricide, non ? Tout ce que nos anciens ont fait, apporté et construit en France pendant plusieurs siècles ne peut être que mauvais car c'était un pays chrétien !

Encore faudrait-il être sûr que les références historiques et journalistiques d'aujourd'hui soient de qualité. Quand je vois les critiques péremptoires sur les croisades, sur l'Inquisition, sur les guerres de religion, je me demande si ceux qui les font en public ont bien étudié ces périodes historiques : en effet, des historiens savent montrer combien l'histoire officielle est orientée de manière anti-catholique, mais leurs voix sont étouffées car ils ne sont pas politiquement et historiquement corrects. Naturellement, cette histoire très orientée est inscrite depuis des décennies dans les manuels d'histoire : ceux qui ne font pas d'autres recherches sont donc formatés dès le collège.

Qu'il y ait eu des périodes sombres dans l'histoire de l'Eglise est évident : comme le dit le titre d'un livre, "l'Eglise [est] au risque de l'histoire", je dirais au risque des hommes. Oui, l'Eglise est faite d'hommes et de femmes identiques aux autres, se débattant avec leurs penchants bons et mauvais.

Mais qu'il y a eu et qu'il y a de belles choses dans la France avant la révolution de 1789 ! C'est au sein de l'Eglise que des hommes et des femmes ont créé les hôpitaux et les écoles, ce sont les moines qui ont su rendre fertiles de nombreuses régions, ce sont toutes les œuvres dites de charité (protection des enfants, des jeunes filles, des femmes, des pauvres, ...) : on pourrait en écrire un livre des merveilles ! 

Et aujourd'hui, si Mère Térésa, l'abbé Pierre, sœur Emmanuelle ont crevé les écrans, combien d'autres Mères Térésa, abbés Pierre et sœurs Emmanuelle sont à l'oeuvre, inconnus des médias, donc inconnus !

L'Eglise ressemble, de l'extérieur, à une vieille bâtisse, lézardée, aux peintures défraîchies, donc peu avenante. Mais, si vous la connaissiez de l'intérieur, que de beautés, que d'humanité !  

vendredi 19 février 2016

Le Pape et Donald Trump

Les grandes questions et les débats du jour à la radio : " De quoi se mêle le Pape ? ", " Comment se permet-il de juger quelqu'un ? ". Ces débats  se fondent sur cette observation : le Pape a dit que Trump n'est pas chrétien car il veut construire des murs contre les migrants.

Or, voici le texte exact de l'intervention du Pape : " Une personne qui veut construire des murs et encore des murs et non des ponts n'est pas chrétienne. Voter, ne pas voter, je ne m'immisce pas, je dis seulement que ce n'est pas chrétien ".

Pour qui connaît la pensée de l'Eglise, il n'y a pas de doute : le Pape a dit que construire des murs, ce n'est pas chrétien. C'est à dire que c'est l'acte de construire des murs qui n'est pas chrétien, mais pas la personne.

Pourtant, le Pape a bien dit qu'une telle personne n'est pas chrétienne ! Alors ?

Alors, il faut comprendre qu'à l'oral on ne maîtrise pas totalement ce que l'on dit, alors qu'à l'écrit on peut maîtriser et revenir sur un premier jet que l'on veut corriger. Ici, la première phrase du Pape correspond à un jugement, mais la deuxième reprend l'idée en la corrigeant : " ce n'est pas chrétien ", c'est à dire "faire tel acte n'est pas chrétien ". Le Pape n'a pas voulu dire que Trump n'est pas chrétien, il s'est rendu compte que sa première formulation n'était pas la bonne, il l'a donc rectifiée dans la deuxième phrase !

En effet, chacun de ceux qui se disent chrétiens (dont moi) est amené à faire des actes qui ne sont pas chrétiens : dire du mal des autres, voler, mentir, ... Ces actes ne nous empêchent pas d'être chrétiens ! En fait, nous disant chrétiens, nous voulons suivre le Christ (donc ne faire que des actes bons), mais nous avons la forte conscience que nous n'y arrivons pas pour chacun de nos actes.

Cet exemple montre combien les journalistes ont la tendance de rapporter ce qu'ils entendent ou voient de manière à faire le " buzz " :

- je n'en ai entendu aucun parler de la deuxième phrase, elle est pourtant fondamentale ;
- certains ont dit avec mépris que distinguer les actes des personnes est jésuite, mais c'est faire preuve d'une déficience intellectuelle que de ne pas savoir faire cette différence.

La radio est puissante car elle donne une audience immense à telle ou telle personne qui s'y exprime. C'est une puissance à dompter !


samedi 2 janvier 2016

Dieu existe, simple démonstration scientifique

Selon « Catholix // reloaded », de Frédéric Guillot (éditions du Cerf).

Ce livre m’a passionné et je compte en présenter quelques aspects dans mon blog, par articles successifs !

1 – Tout n’a pas une cause

Si tous les êtres avaient une cause, ils seraient tous dépendants. Tous tiendraient leur existence d’un autre être, qui lui-même la tiendrait d’un autre, et ainsi de suite indéfiniment. Mais dans ces conditions, il est aisé de voir qu’aucun être n’aurait jamais existé.

C’est donc l’inverse qui est vrai : il existe au moins un être qui n’a pas de cause. Pour que l’existence puisse être transmise, il faut d’abord qu’un être la possède réellement, sans l’avoir lui-même reçue.

2 – Le temps dans lequel nous vivons a commencé un jour.

Peut-on envisager qu’il n’y a pas eu de commencement du temps ?

Si le temps avant nous, aujourd’hui, était infini, alors ce temps ne serait jamais arrivé à nous.

Prenons l’exemple opposé, celui d’une ligne droite dont on connaît le début et qui va jusqu’à l’infini : on sait que l’on ne pourra jamais arriver au bout de cette droite, car aussi loin que l’on aille on pourra encore ajouter une autre longueur qui ira encore plus loin, et cela de manière incessante (on n’a jamais fini d’arriver à l’infini !).

Il en est de même en sens inverse. Du fait même que nous existions aujourd’hui et que nous soyons présents dans notre espace – temps, cela veut dire que le temps ne provient pas de l’infini, sinon il ne serait jamais arrivé à nous.

Donc le temps dans lequel nous vivons a eu un commencement : il s’agit d’un commencement radical, c'est-à-dire d’un commencement sans cause temporelle qui le précède.

3 – Des choses nécessaires et des choses contingentes.

Les choses nécessaires ne peuvent pas ne pas être, il est même impossible de concevoir qu’elles soient de manière différente. C’est le cas de 1 + 1 = 2. Il est inconcevable que 1 + 1 ne fasse pas 2.

Les choses contingentes auraient pu ne pas être : « je suis barbu », mais j’aurais pu me raser et ne pas l’être. Le chêne, devant moi, aurait pu ne pas être : il a fallu un gland qui tombe à cet endroit, de la terre favorable, un climat adéquat.

Les faits nécessaires n’ont pas d’explication extérieure à eux-mêmes, ils n’en ont pas besoin. Les faits mathématiques et les faits logiques sont nécessaires : on ne voit pas comment ils auraient pu être autrement.

Les choses contingentes ont toujours une explication extérieure à elles-mêmes (voir la barbe et le chêne).

L’univers lui-même est contingent : il aurait pu être différent. Nous savons, en effet, qu’une vingtaine de constantes universelles – telle la constante de Planck, la charge d’un électron, … - en ont défini le développement précis et si l’une de ces constantes avait été, ne serait-ce que très peu, différente, l’univers n’aurait pu se développer comme il l’a fait et comme il continue à se développer.

Si l’on considère les choses contingentes, elles sont toutes causées par une autre chose contingente. En remontant au début du temps, la première chose contingente doit avoir reçu son existence d’une chose qui ne l’est pas (sinon, cela n’aurait pas été le début du temps) : cette première chose contingente ne peut avoir qu’une explication extérieure. Extérieure à notre espace – temps, sinon cette chose extérieure aurait reçu le temps avant le commencement du temps (ce qui est contradictoire), et elle aurait reçu la matière … qui en ferait une chose de notre univers (ce qui est également contradictoire).

Cette dernière constatation démontre que la cause de toute réalité matérielle ne peut être matérielle.

Conclusion : notre univers spatio-temporel a nécessairement été créé et n’a pu l’être que par un être hors du temps et hors de l’espace, sinon il aurait été contingent et ne pourrait être la cause de l’univers

Or, nous connaissons trois sortes d’êtres : les choses physiques, les abstractions et les esprits.
Cet être n’est pas physique (matériel), comme nous l’avons vu.
Les idées n’ont pas de pouvoir causal.
Donc la première cause est un esprit. Nous pouvons l’appeler, selon toutes les traditions culturelles, « Dieu ».

Mais quel Dieu ? A voir dans la suite de mon blog !


mardi 17 novembre 2015

Des kamikazes ? Comment cela peut-il se faire ? Que faire ?


La question que beaucoup se posent à la suite des attentats du 13 novembre à Paris est la suivante : comment peut-on perpétrer de telles actions si effroyables et si barbares ?

La question que l’on se pose ensuite est celle-ci : que faut-il faire ?

1 - Comment peut-on perpétrer de telles actions si effroyables et si barbares ?

En tout jeune garçon se développe une capacité de puissance physique qui va chercher à s’exprimer : c’est inscrit dans sa nature, on peut dire que c’est une loi de la nature.

Adolescent et jeune homme, il sentira monter en lui de nombreuses pulsions de combat pour mettre en jeu cette puissance interne.

Le besoin de pouvoir et de puissance n’est pas mauvais en soi. Face aux difficultés de la vie, il faut, en effet, pouvoir avoir l’énergie de surmonter les épreuves et les dangers, qu’ils soient physiques ou moraux. Le désir de pouvoir devient mauvais quand il conduit à opprimer ou détruire.

Chez certains, ce désir de puissance restera sous un seuil acceptable pour la société et pour leur environnement : ils ont, en effet, une nature plutôt tranquille ou bien contrôlée. Alors que d’autres ont une nature plus bouillonnante : chez eux le désir de puissance et d’expression physique se montre plus nettement et assez tôt.

L’éducation familiale et la culture ont pour mission de permettre au jeune homme d’orienter positivement ce désir de puissance. On observe, en effet, qu’une personne qui a peu de capacités à s’exprimer oralement aura la tentation de s’exprimer physiquement.

On peut donc dire que les jeunes gens qui basculent dans la violence ont probablement un défaut d’éducation et de culture. Mais cela ne remet pas systématiquement en cause l’éducation de leurs parents, car les adolescents sont très perméables à tout ce qui vient de l’extérieur de leurs familles : les camarades, leur bande de copains, les jeux vidéos, les chansons, les médias, … Ils peuvent être, également, très attirés par des jeunes un peu plus âgés, des « grands frères » de mauvais aloi, qui peuvent les conduire sur des voies de violence sous couvert de lutte contre la pauvreté, l’injustice, le chômage, …

Voilà pourquoi plusieurs basculent vers des mouvements extrêmes, tels les mouvements terroristes qui vont leur permettre d’utiliser des armes à feu (le comble de la violence et de la puissance), d’exprimer toute la violence qui sourd en eux et de se battre pour une idéologie simpliste mais efficace : l’embrigadement revient à démultiplier ce sentiment de puissance au sein de bandes ou de mouvements organisés. L’enrôlement dans des mouvements puissants déchaîne alors des pulsions d’horreur inouïes et terrifiantes.

Lorsque j’étais jeune, la société était moins policée qu’aujourd’hui : un jeune homme, pour devenir un homme, se devait de fumer, boire et « baiser », mais aussi de manifester ses désaccords à mains nues. Beaucoup de problèmes se résolvaient dans des bagarres où chacun pouvait montrer sa virilité.

Mais l’on voit que notre société d’aujourd’hui, qui nous paraît plus policée, n’arrive pas à éradiquer la tentation de violence. Il faut d’ailleurs être conscient qu’elle n’y arrivera jamais car, à la base de ces mauvais comportements, il y a la capacité de tout homme à faire le bien mais aussi le mal : c’est inscrit en chacun de nous. Nous aurons donc toujours à lutter pour ne pas être des barbares et pour que nos enfants, au sens large de la société, ne deviennent pas des barbares. Le combat ne sera jamais vraiment gagné.

2 - Que faut-il faire ?

2.1 - Tout d’abord, être un homme de paix.

Cela peut paraître dérisoire au regard des enjeux internationaux, mais l’on sait que les petites rivières font de grands fleuves. Si je suis un homme de paix, même sans discours ou morale explicite, je serai une invitation à l’établissement de relations plus cordiales tout autour de moi. Savoir ne pas se mettre en colère pour un rien, ne pas dire systématiquement du mal des autres, accepter que des avis divergent, rester calme dans les conversations, ne pas s’irriter pour la moindre gêne causée par ses proches ou ses voisins, savoir discerner ce qui est bon chez l’autre, …
La paix n’est pas la résultante de textes, d’accords ou de systèmes mais la somme de personnes oeuvrant ensemble pour vivre en paix.

Or, les conflits naissent tout au long de notre vie avec ceux qui nous sont proches. C’est déjà là que se situe la première lutte pour la paix dans le monde. Avant même de parler d’Al Qaïda ou de Daesh, regardons les actualités de notre société, faites de meurtres, de saccages, de passages à tabac, de justice personnelle.  Chaque fois qu’une personne agit dans un esprit de paix, elle a un  impact positif sur son entourage, elle peut devenir exemple pour ceux qui la côtoient, elle limite la violence localement.

2.2 - Est-ce à dire qu’il faut être un pacifiste ?

Etre pacifiste est généreux et très respectable. Un vrai pacifiste est un homme de caractère, capable d’endurer de grandes épreuves sans entrer lui-même dans la lutte : Ghandi en est un exemple idéal. Mais le pacifiste doit être aussi réaliste car il ne saurait dire « Tout le monde il est gentil ».

Les pacifistes reconnaissent certainement combien il est important, lorsqu’il y a de graves incidents comme aujourd’hui, que des personnes soient préparées à nous protéger et à lutter contre les terroristes ou contre d’autres formes de forces armées.

Dans ce monde où les forces du mal ne seront jamais éradiquées, il est nécessaire qu’un Etat ait des capacités de défense armée (police, gendarmerie, armées) pour endiguer les actions visant la sécurité de l’Etat et du peuple.

2.3 - Ensuite, éradiquer Daesh.

Cette organisation s’est puissamment installée en Irak et en Syrie, tout en essaimant ailleurs (Cameroun, Afghanistan, …).

Son objectif est celui de l’extension du califat, sans limite à cette extension. Ses méthodes son guerrières et barbares, en cela qu’elle ne reconnaît pas les lois de la guerre. Sa force militaire est grande, soutenue par des finances très bien approvisionnées.

Avec ce genre d’organisation, il n’est pas envisageable de traiter ou de négocier. La lutte jusqu’au bout est donc une nécessité. Aujourd’hui deux coalitions luttent contre elle, mais avec des divergences d’objectifs encore trop grandes pour qu’elles puissent se renforcer mutuellement. Par ailleurs, tous les pays participant à ces deux coalitions ont des objectifs particuliers qui s’opposent entre eux.

Les Américains ont pour but de combattre Daesh : leurs alliés sont les rebelles syriens, le PKK (Kurdes) et la Turquie, leurs ennemis sont Daesh, le régime d’Assad et l’Iran.

Les Russes ont pour but de maintenir le régime d’Assad : leurs alliés sont le régime d’Assad, l’Iran et le PKK, leurs ennemis sont les rebelles syriens, Daesh et la Turquie.

La Turquie a pour but d’empêcher l’émergence d’un Kurdistan indépendant : leurs alliés sont les rebelles syriens, leurs ennemis sont le PKK, le régime d’Assad, Daesh, la Russie et l’Iran.

Heureusement, Daesh est l’ennemi commun de tous !! C’est le plus petit commun dénominateur !

A l’heure où j’écris ce texte, le Président de la République française vient de décider d’agir en concertation avec la Russie : voilà un grand pas fait dans le bon sens.

Quoiqu’il en soit, pour éradiquer Daesh et les mouvements terroristes au Sahel, il faut des forces armées importantes et entraînées. La France est à la limite de ses engagements possibles avec ses moyens actuels, ce qui est bien trop peu.

2.4 - Donc, « Si vis pacem, para bellum ».

Lors de la chute du mur de Berlin (1989), puis de celle de l’union soviétique (1991), beaucoup ont voulu engranger les dividendes de la paix, c'est-à-dire diminuer de manière drastique les forces armées. Cela paraissait raisonnable, mais cela aussi manquait de raison : le monde est resté dangereux. Certes, nous avons pu croire que l’Europe était dorénavant à l’abri des conflits. Mais, c’est avoir une lecture de l’histoire très étroite : les périodes de paix n’ont jamais duré des siècles, quelque soit le moment de l’histoire ou le lieu.

Certains semblent donc avoir eu pour devise : « Si vis pacem, vivi in Europam » (si tu veux la paix, vis en Europe). Ils ont oublié la sagesse latine et sa devise pourtant si connue : « Si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre).

Il est clair que le monde reste dangereux, que les formes de danger évolueront (aujourd’hui c’est, pour une bonne partie, Daesh) et donc qu’ils nous faudra toujours être capables de nous protéger et d’intervenir hors de nos frontières. En effet, il ne s’agit pas d’avoir seulement une posture défensive, car l’adversaire, quelqu’il soit, aura toujours l’avantage de porter son action là où il le jugera le plus favorable pour lui : aucun dispositif défensif ne peut être étanche. Il ne s’agit pas non plus d’être interventionniste, c'est-à-dire avec exagération, mais d’être capable d’aller là où le danger se manifeste pour le contrer au mieux et au plus tôt.

Or, aujourd’hui, les efforts de défense des pays de l’Union européenne sont bien trop faibles, y compris celui de la France qui est pourtant l’un des plus élevés. En 2014, il a été pris la décision de porter les dépenses de défense à 2% du PIB de chaque Etat de l’OTAN : dans l’Union européenne, seule la Grande-Bretagne est à ce niveau (2,5%). La France, qui vient juste après, n’est qu’à 1,5%, beaucoup d’Etats étant à peine à 1%.

Pour se rendre compte de la faiblesse des effectifs militaires en France, il suffit de savoir qu’il y a plus de personnel à la SNCF que de militaires de l’armée de Terre, et que l’ensemble des effectifs de l’armée de Terre pourrait tenir dans 1,5 fois le stade de France !! Est-ce vraiment sérieux ?

2.5 - Réviser certaines de nos alliances

Daesh continue à être un ennemi fort car il est soutenu, tout particulièrement financièrement, par l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Or, ces trois pays sont des " alliés " des Etats-Unis et de la France !

Il importe donc de revoir nos relations avec ces trois pays, quelles qu'en soient les conséquences financières (contrats d'armement par exemple).

Il est temps de revoir nos relations avec les Etats-Unis : il nous appartient de déterminer notre politique par nous-mêmes et non de nous aligner trop systématiquement sur celles des Etats-Unis.

Enfin, il faut savoir faire preuve de plus de réalisme vis à vis de la Syrie : Daesh est vraiment notre ennemi et non Bachar El Assad ! Ce qui devrait nous faire revoir nos alliances avec la Russie et avec l'Iran.





dimanche 1 novembre 2015

Premier ministre, tweeter et boule de billard


De l’homme politique, on attend une vision élevée, du recul face aux événements, une projection à moyen ou à long terme.

Mais on sait aussi que l’homme politique, en charge du gouvernement de la France, doit agir en fonction de l’actualité quand celle-ci impacte directement l’action du gouvernement. Cette action doit s’appuyer sur sa vision à long terme, afin qu’elle ne soit pas brouillonne, voire incohérente par manque de préparation.

A l’occasion de la découverte des hausses très fortes des taxes locales, le premier ministre vient de s’exprimer en reconnaissant que les hausses d’impôts, depuis plusieurs années, ont été excessives.

Il a donc fallu une goutte d’eau (les taxes d’habitation et foncières de 2015) pour reconnaître un océan d’augmentation d’impôts. Cela marque un manque de vision et de projection : ce constat aurait dû être fait plus tôt, le gouvernement ayant tous les moyens pour cela !

Une chose qui me dérange beaucoup dans cette histoire est que le Premier ministre se soit expliqué (également) par Tweeter : « Fiscalité locale des retraités : notre engagement est simple, neutraliser l’impact d’une situation aussi brutale qu’injuste. MV ». 
Ce mode de communication ne me paraît pas digne d’une action gouvernementale : il n’est pas possible de traiter un pareil problème en 140 caractères ! On sent, derrière, l'urgence d'une intervention, la nécessité de se démarquer d'un problème social, l'impression de devoir éteindre un feu.
Je pense à l’encyclique du pape François qui parle du « drame de l’immédiateté politique ». L’homme politique réagissant instantanément à toute situation agit comme une boule de billard qui se déplace en fonction des impacts qu’elle subit : sa trajectoire est désordonnée, inintelligible et sans projet établi.

On peut comprendre l'usage de Tweeter pour aller vite et toucher du monde. Mais, c'est prendre, pour un politique, le risque de montrer que l'on s'est laissé surprendre : " Je n'ai pas vu venir cette question, me voilà, j'arrive ! ".
On peut comprendre également l'usage de ce réseau, car ce moyen de communication est censé donner une image moderne. Mais, attend-on de nos hommes politiques qu’ils agissent en vue de se donner une image ?

On les attend sur le domaine de l’efficacité en vue du bien commun.